Morgan Riet

Morgan Riet a publié quelques poèmes dans les revues suivantes : Poésie/Seine, Inédit Nouveau (revue belge), Florilège, Les Nouveaux Cahiers de l’Adour, Les Amis de Thalie et Comme en Poésie.
Par ailleurs, son 1er recueil intitulé "Lieu cherché, chemins battus" a été publié aux Editions Associatives Clapàs, en décembre 2007 :
http://www.clapassos.com 
Enfin, 2 de ses poèmes ont été retenus pour figurer dans les tomes II et III de l’anthologie poétique Flammes Vives 2008.
 
*
 

Soubresaut

 

 

 

Nul drap

de nuit noire absolue

dans l’aire de repos

ou de luttes pacifiques.

 

Digitale et rouge, l’étoile

d’un infime fanal

est là qui veille

et apaise

 

tout clignement de paupière

légèrement rebelle

à la voile épaisse

        peu ou prou(e)

 

            du sommeil.

 

 

*

 

Après la défaite…

 

              Il rêvait,

il rêvait d’un voyage hauturier,

comme rythmé par un grand vent de versets,

qui serait jalonné

de vastes forêts luxuriantes,

d’inestimables trésors, d’oiseaux rares

et de délires nuancés, versicolores,

qui l’emporteraient, quelque part, loin en lui-même,

vers un pays au lyrisme de cordillère.

Il rêvait, il rêvait…

Il était fin prêt à partir :

ses valises bouclées,

bourrelées de mots en bataille.

Ne lui manquait plus que ce souffle idoine

qui ne vint pas, hélas,

au rendez-vous présomptueux de sa plume.

 

Alors, quelques instants

ou quelques mois, peut-être,

il fut bien triste

de ne savoir tant ni mieux dire.

Mais il reprit quand même

son mal de chant en patience

pour tenter de soustraire

à sa brise intime, ne serait-ce

qu’une errance chantonnante de ruisselet

 

                                     et rêver encore.

 

*

 

Le cœur géomètre

 

  

Toujours là,

ce cube

où nous vécûmes

quelques rondes

de jours

et de nuits ;

 

toujours là,

plein d’échos d’enfants

qui courent

dans son hall immense

et remontent

le temps

et les étages ;

 

ah oui !

toujours là,

et assez robuste encore

pour accueillir

quelques arêtes de vies

 fragiles

 

 et le pommelé nuage

de mon souvenir.

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Ayiti

Ayiti

 

La montagne se dresse

dans la mer

résiste fièrement

contre vents et marées

à l’injustice

du ciel déchaîné

les pierres renversées parmi d’autres

réchauffent le cœur

de l’île

de toutes les beautés

hommes et femmes

les mains tremblantes

sous la caresse des oiseaux

soulèvent l’horizon

de nos yeux

 

Ayiti ouvre les bras

de ses rues dévastées

allume une lumière

dans notre obscurité

et en appelle

avec humilité

à la sérénité

des eaux

 

Poème écrit le 11 septembre 2008, suite au passages des ouragans Fay, Gustav, Hanna et Ike (170000 sinistrés, 200 blessés, 350 morts, 50 disparus)

Les yeux du vent

Les cloches sonnent
à l’horizon
une heure recommence
nos yeux
dans les yeux du vent
       cc

Nathalie Riera

Née en 1966, vit en Provence, où elle se consacre un temps à l’animation de théâtre d’atelier en Maison d’arrêt (de 1993 à 2002). L’essentiel de son travail sur le jeu théâtral et ses techniques se déroulera principalement au sein des établissements pénitentiaires de Draguignan (de 1992 à 2002) et une expérience plus brève au quartier des mineurs de Grasse (2005).

A animé des formations sur « la prise de parole en public » par une approche des territoires du théâtre auprès des publics professionnels (cadres-surveillants des unités de formation des centres pénitentiaires de la région PACAC – éducateurs-stagiaires du Pôle Territorial de Formation de Marseille, en 2006)

En ce qui concerne son activité d’écrivain, un roman, Staccato Morendo, sélectionné par la ville de Saint , en 2002 (prix Jean Follain) ;  un livret d’opéra À fleur d’eau  interprété par l’ensemble Flor de Quintetto (création 2003 de l’Atelier-Studio du Centre National de Création Musicale Marseille), et l’écriture d’un spectacle son et lumière Blanche Crèche (création pour la ville de Cannes, Noël 2003).

À partir de 2005, de nouvelles activités se proposent, comme organisatrice et modératrice de conférences et de débats sur la création contemporaine et l’art dans l’espace public (1ère édition du Festival du Mai de l’Art, à St Raphaël en 2005, où elle conçoit et anime Jetée en Spirale).

Après une première publication d’un essai littéraire La parole derrière les verrous aux Editions de l’Amandier en 2007, les derniers travaux de Nathalie Riera viennent d’être publiés Élégia et autres chants de soleil (Carnets de campagne II)-Imp’Act, et dans la revue littéraire Ici & ailleurs dirigée par Gilbert Bourson et Sylvie Larangeira (4ème trimestre 2008).

Des extraits de ses textes sont mis en ligne sur différents sites littéraires francophones :

http://terreaciel.free.fr/arbre/nriera.htm

http://www.francopolis.net/liens/annonces.htm

http://re-pon-nou.blogspot.com/2008_08_01_archive.html

Carnet de campagne (extraits):

*

presque voir l’invisible se peindre dans l’air

presque croire que nos failles ne sont que des entailles à la pierre

presque s’émouvoir encore de ce qu’enfant notre imagination était notre soleil

 

toutes sortes de larmes à notre être

 

*

 

pas seulement la nuit, mais aussi le jour où naissent les ombres

un pas dans le jour, j’ai oublié la lampe

 

*

 

Femme à robe d’herbe et de rosée, que je vous dise : la poésie ne peut vous donner ni plénitude ni évasion, et perdez l’habitude de n’entendre d’elle que le charroi des coassements et des bêlements.

Que je vous dise : la poésie est à chaque fois abêtie, abattue. Ravaler sa salive et absorber le calice jusqu’à la lie.

J’aime pour elle une page blanche comme un parterre de neige.

 

*

 

Un éclairement dans les buissons, du firmament dans les murs : abréger le récit. Contre un agglomérat d’épines et de ronces, leurs phrases interminables.

 

Soudain, le sifflement des ailes : j’écoute les herbes qui rêvent de porter des noms d’oiseaux.

(Aigrette des récifs, bruant des roseaux, caille des blés, ganga cata, pipit des arbres)

 

*

 

Nathalie Riera anime un site magnifique http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/.

 

Randonnées aléatoires de poésie

Les Randonnées aléatoires de poésie (RAP), qui célèbrent la poésie et l’alphabétisation, tiendront leur 5e édition du 1er au 5 octobre prochain. RAP est une initiative soutenue par la Victoria READ Society, un organisme d’alphabétisation à but non lucratif établi en 1976. Les Randonnées aléatoires de poésie sont rendues possibles grâce au soutien du Conseil des Arts du Canada et du Groupe financier de la Banque TD.

Au cours de la semaine, 25 poètes réaliseront des Randonnées aléatoires de poésie dans leur ville de résidence à travers le Canada. Que ce soit en autobus, en métro, dans les cafés et les boutiques, au bureau de police, à l’épicerie, ou même sur le trottoir, les poètes arrêteront les passants, des inconnus, pour leur lire un poème et leur faire cadeau d’un exemplaire de leur livre. Les poètes visiteront également des classes d’alphabétisation pour adultes un peu partout à travers le pays.

Au Québec, trois poètes circuleront pour offrir leurs livres aux passants. Il s’agit du dynamique et chaleureux Patrick Coppens, de la haikiste, éditrice et promoteure culturelle Danielle Shelton, ainsi qu’Élizabeth Robert traductrice, aficionada de langues étrangères et fondatrice des Noches de poesía.

Solovox

SOLOVOX – 8ièmeAnniversaire ! 

Soirée de poésie et musique

 

Mercredi, le 24 septembre 2008

à 20 hres 30

à L’ESCALIER (ancien UTOPIK)

552, rue Ste-Catherine Est

(métro Berri)

Tél. :  (514) 670-5812 

 

avec ÉRIC ROGER et ses invités :

JOËL DES ROSIERS « Caïques  »  Éditions Triptyque

GUILLAUME LEBEL « La voix meurt pleine » Éditions de L’Hexagone

JOËL POURBAIX « Dictature de la solitude »  Éditions du Noroît 

NATHALIE NOËL   « Le quadrille des étoiles »

accompagnée par CLAUDE GÉLINEAU au violon 

J.P. MORTIER « Backpacker World Tour »

LE GRAND SLACK  « Poésie urbaine »

MARTIMOTS « Troubadour, trouble-la-tour »

SOLA Y LAS LOLAS  « Solamentecorazón »

 

* * * MICRO OUVERT ! * * *

James Noël

James Noël, poète-écrivain, est considéré aujourd’hui comme une voix majeure de la littérature haïtienne. Il est l’auteur des Poèmes à double tranchant  / Seul le baiser pour muselière et Le sang visible du vitrier, Ed. CIDIHCA. Ses poèmes sont publiés dans plusieurs anthologies dont Prosopopées urbaines, éd. Desnel, et L’année poétique 2008, éd. Seghers.
Il a collaboré à des revues comme Point Barre, Impact, Exit, etc…
Entre un hymne engagé à l’amour et une colère orageuse, se dégage de sa poésie, comme il se plait à l’appeler, "la métaphore assassine".
Il écrit en créole et en français.
 
Hors de propos
 
il est hors de propos
ta bouche ne fera pas l’objet de leurs caprices
je la veux ta bouche pour l’engueulade
je la veux ta bouche pour l’hystérie
je la veux en mille pièces
pour bombarder
abominer le bâillon de l’instant
les sifflets de censure
la raison d’état
oblitérant toute raison d’être
 
je la veux ta bouche
caisse de résonance de la colère
tambour battant
à cœur ouvert et à l’envers
 
moi
c’est un tube
c’est un tube qui me relie la bouche au cœur
et je te parle
la mort en poupe
sans parachute
en pleine chute libre
 
loin du verbe-coutelas du mot sagaie
loin d’une flèche érigée au bout de la langue
qui résonne raide rasoir de déraison
 
je déclare toute bouche
hors de propos
 
Révélation
 
je mets ma chemise à l’envers
retrousse la manche
je remonte au fil des histoires
décousues
pour construire l’errance
          révéler l’erreur de la cohérence

Virage
 
la terre tourne
les villes aussi tournent avec des hommes
qui ont la tête qui tourne

celui qui ose l’invention du gant
a t’il toujours le front
pour encore tendre la main

rue des pucelles 
virage à gauche
un corps de femme se laisse aimer
l’homme garde ses gants
noirceur en cuir
et l’arme pointée
calibre 38
viols en série

Les fruits qui démangent
             pour Élodie

tous les fruits qui démangent  
sont à prendre
à sauter nus sous les dents
 
tous les fruits qui démangent
sont à croquer
dans l’immédiat
du rythme cardiaque
le sang qui tourne
à la recherche des roses rouges
de la terre arable des paradis perdus
 
avoir l’âge
c’est agir
compter les feuilles au pied de l’arbre
et découvrir l’ombre verte de soi-même
enracinée dans le temps sec

Notre siamoise différence
  
beaux mes bras
à être mutilés
suis-je un vitrier
qui fait pacte avec les pierres
pour célébrer leur impact sur les vitres
 
ouvre mon image pour t’atteindre
de ressemblance et de fracture
tu chanteras notre siamoise différence
 
je coupe les vitres
quand ça casse
un sang coule net dedans
il m’arrive même en écrivant
de croire que c’est la vérité qui blesse
pourtant de là ma visibilité renforcée
cœur brisé du miroir
miroir brisé du coup
 
je coupe les vitres
en m’ouvrant les veines

Mot d’ordre

envoyé spécial des mots
je fais arrêt
sur les pulsions
au cœur du monde
et je crache du sang
un dru sang noir sur les feux rouges
 
conscient de l’indigence
de l’évangile qui se meurt dans l’ivraie
je prône une poétique
à la témoin de Jéhovah
 
j’invite les poètes de demain
à faire du porte à porte
aller sceller des baisers sur des poitrines
pour déverrouiller les coeurs
et marteler des kilos de chaises
sur la tête des assis

Hiver

Voici le poème "Hiver" inspiré du texte "Automne" de Denis Heudré (http://dheudre.over-blog.com).
 
L’hiver
dépose son manteau
 
la terre s’habille
de son dernier poème
                     cc

Coeuritoire

Bonjour,
je publie le poème Ayiti, sur le blogue de James Noël
en hommage à Haïti, cette terre durement frappée par les ouragans dernièrement.
Bon courage à tous.

Karine Foglio

Voici quelques très belles lignes d’une personne qui, malgré la distance, est toute proche:
 

Tes mains effleurent mon âme

ton souffle aspire mes peines

 

sur le toit du monde

nos paroles s’enivrent

 

la faim apaisée

nourrit la peine

 

les montagnes

ces géantes

nous absorbent

 

les poussières de nos corps

âmes soeurs

nous parlons silence

 

histoires entrecroisées

douleur partagée

rires mêlés

 

le froid tombe

un état de grâce

a l’absence

le souvenir

 

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