Ailleurs

Tu es venue
vendredi soir
à l’improviste
avec ton sourire
des gateaux au chocolat
et de la lingerie fine
un tourbillon qui débarque
des intentions plein les yeux
mais c’est fini
tu sais que c’est fini
je te le répète
il ne s’agissait que d’un passage
un peu plus léger
dans le grand livre de la vie
tu es une femme magnifique
que le bonheur attend
dans un autre horizon
tu dis des phrases superbes
comme "tout peut renaître"
"l’étincelle est là"
"elle brille de mille feux"
et c’est vrai
que le brasier a été
si intense
les brûlures illuminent encore nos peaux
mais mon souffle
aujourd’hui
est ailleurs
 
cc
28 mars2010
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Lascaux

Premiers signes
au hasard
dictée frénétique
mouvement délié
comme un geste
amoureux
 
Trace
courbe fascinée
virevolte
et formes rythmées
du monde
en devenir
 
Rêve
simple
vol
d’oiseaux migratoires
 
Mystère
de la grotte
aux mains de sang
énigme
silencieuse
de l’origine
 
Refuge
des sens
beauté
de la parole
primitive
 
Splendeur
féminine
de l’âme
pure
spiritualité
naissante
 
Esquisse
fondatrice
espace
du sacré
 
Sillon
creusé
mémoire
de la pierre
 
Errance
vertige
et voile
du temps
qui s’efface
 
Se laisser
porter
par la lumière
transparente
et les couleurs
fécondes
de l’essentiel
 
Un poème
élémentaire
demeure
suffira-t-il
à hurler
notre last call
 
CC
20 mars 2010
 
 
 
 

Décor

Dans la nuit
un corps
se perd
dans la forêt
des corps
sans nom
 
l’aube se lèvera
encore une fois
parmi les nuages
de mars
qui tenteront
de camoufler
le vertige
du lendemain
 
cc
14 mars 2010

Claude Gauvreau

Claude GAUVREAU [1925-1971]

Poète, dramaturge et polémiste, Claude Gauvreau est né à Montréal en 1925. Après des études classiques au Collège Sainte-Marie, il étudie la philosophie à l’Université de Montréal. Il découvre l’art moderne grâce à son frère Pierre, inscrit à l’École des beaux-arts, et fait la connaissance de Borduas. En 1947, Gauvreau crée sa pièce Bien-être avec la comédienne Muriel Guilbault, « la muse incomparable ». Militant inconditionnel de la grande bataille automatiste, il signe en 1948 le manifeste de Borduas Refus global. À la suite du suicide de Muriel Guilbault, son équilibre fragile le mène à plusieurs reprises dans des institutions psychiatriques. Cependant, il continue d’écrire, entre autres, le roman de la vie de Muriel Guilbault, Beauté baroque (1952) (Éditions de l’Hexagone, 1992). Il écrit aussi plusieurs textes pour la radio entre 1952 et 1969. Il organise en 1954 la dernière exposition collective automatiste, La matière chante. En 1956, alors qu’il croyait mourir, il écrit La charge de l’orignal épormyable, qui ne sera créée qu’en 1974, au Théâtre du Nouveau Monde. En 1958, Janou Saint-Denis monte, à l’École des beaux-arts, deux de ses courtes pièces, La jeune fille et la lune et Les grappes lucides. Gauvreau écrit ensuite son œuvre maîtresse, Les oranges sont vertes, qui sera présentée au TNM en 1972. Il meurt tragiquement en 1971. L’œuvre immense que nous laisse Gauvreau, poète de la cruauté et de la liberté, reflète son engagement total pour son art. En 1992, Jean Salvy a signé une adaptation pour la scène de Beauté baroque, adaptation que publiait VLB Éditeur la même année. Au Festival de théâtre des Amériques de 2003, le Théâtre du Nouveau Monde présentait sa pièce L’asile de la pureté, dans les murs de l’hôpital Louis-Hyppolite Lafontaine, une pièce qui prendra l’affiche du TNM la saison suivante. La correspondance de Gauvreau avec Jean-Claude Dussault (1949-1950) est parue aux éditions de l’Hexagone en 1993.

Mon olivine

Mon Olivine
Ma Ragamuche
je te stoptatalère sur la bouillette mirkifolchette
J’aracramuze ton épaulette
Je crudimalmie ta ripanape
Je te cruscuze
Je te golpède
Ouvre tout grand ton armomacabre
et laisse le jour entrer dans tes migmags
Ô Lunèthophyne
je me penche et te cramuille
Ortie déplépojdèthe
j’agrimanche ta rusplète
Et dans le désert des marquemacons tes seins obèrent
le silence

Claude Gauvreau
Les Boucliers mégalomanes

 

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