Hugues Corriveau

Ce fut au moment du jardin

de nuit, total mélange

d’inquiétude et de sérénité,

grossi de draps et de vieux

linges, prêt comme un lit

habillé. Y étendre, par-dessus,

mon être fini. Et j’avais désir,

en moi, d’être ramassé,

motte friable, sans peau,

terreur, d’être happé

dessous par la séparation.

*

J’ai regardé

le fleuve par le rectangle

des fenêtres. Il était là.

Cette certitude a confirmé mon existence.

Recueillement. 

Je suis là. Je me laisse

porter par l’évidence.

*

J’arrose mes bienveillants

chaque année.

Beauté oblige.

À chaque pensée,

je les arrose.

*

Hugues Corriveau nait à Sorel en 1948. Après l’obtention de ses diplômes de baccalauréat et de maîtrise en études françaises et québécoises à l’Université de Montréal, il entreprend des études doctorales à l’Université Laval en 1978 et obtient en 1988 un doctorat en études françaises, option création, de l’Université de Sherbrooke. Il enseigne le français au Collège de Sherbrooke de 1973 jusqu’à sa retraite en 2008.

Poète, romancier, essayiste et nouvelliste Hugues Corriveau fait paraître depuis 1978 plus d’une vingtaine d’œuvres dont certaines sont traduites en anglais, en italien, en espagnol et en chinois. Il est critique de poésie et de roman à la revue Lettres québécoises depuis 1990 et de poésie au journal Le Devoir depuis 2006. Il codirige, avec sa compagne Louise Cotnoir, la revue littéraire La Nouvelle Barre du Jour de 1981 à 1984, où il dirige également de 1987 à 1990 la collection « Auteur-e ». Il collabore à plusieurs revues, tant québécoises qu’étrangères et  participe régulièrement à de nombreuses activités littéraires au Québec et à l’étranger.

Son premier roman Rose Marie Berthe parait en 1978 et un second en 1988, Les Chevaux de Malaparte. Il a également publié des essais dont, Gilles Hénault – Lecture de Sémaphore (1978),  À double sens- Échanges sur quelques pratiques modernes (1986), en collaboration avec Normand de Bellefeuille et Hors frontière (2003) ainsi que plusieurs autres recueils de poésie, Forcément dans la tête (1985), Apprendre à vivre (1988), Ce qui importe (1990), L’Âge du meurtre (1992), Vers l’amante (2002) et un recueil de récits, Troublant (2001).

Trois fois mis en nomination pour le Prix de poésie du Gouverneur général du Canada pour ses recueils Revoir le rouge (1983), Mobiles (1987) et Le livre du frère (1998) ainsi que pour le Prix du roman pour son recueil de nouvelles Le ramasseur de souffle (1999), il se voit attribuer en 1991 le Prix Adrienne-Choquette pour son premier recueil de nouvelles intitulé Autour des gares. Il obtient en 1992 le Prix Alfred-Desrochers pour son roman La maison rouge du bord de mer ; le Grand Prix littéraire de la Ville de Sherbrooke à trois reprises, pour son recueil de nouvelles Courants dangereux en 1996, pour son roman Parc univers en 2000 et en 2008 pour son recueil de poésie, Paroles pour un voyageur pour lequel il obtiendra aussi le Prix Alfred-Desrochers en 2006. Il se voit aussi attribuer en 1999, le prix de poésie Alain-Grandbois de l’Académie des lettres du Québec pour Le livre du frère et la même année, le prix à la création artistique du Conseil  des arts et des lettres du Québec (région de l’Estrie) pour l’ensemble de son œuvre.

  • Les Compléments directs, Montréal, Les Herbes Rouges, 1978, 35 p.
  • Le Grégaire inefficace, Montréal, Les Herbes Rouges, 1979, 39 p.
  • Les Taches de naissance, Montréal, Les Herbes Rouges, 1982, 28 p.
  • Revoir le rouge, Montréal, VLB Éditeur, 1983, 151 p.
  • Forcément dans la tête, Montréal, Éditions Les Herbes Rouges, 1995, 88 p. 
  • Scènes, Montréal, Les Herbes Rouges, 1985, 45 p. 
  • Mobiles, Montréal, Éditions Les Herbes Rouges, 1987, 97 p. 
  • Apprendre à vivre, Montréal, Éditions Les Herbes Rouges, 1989, 89 p. 
  • Ce qui importe, Montréal, Éditions Les Herbes Rouges, 1990, 126 p. 
  • L’Âge du meurtre, Montréal, Éditions Les Herbes Rouges, 1992, 101 p. 
  • Du masculin singulier (rétrospective, prose 1978-1985), Montréal, Les Herbes Rouges, 1994, 126 p.
  • L’Enfance, Montréal, Le Noroît, Coll. Résonnance, Luxembourg, Éditions Phi, 1994, 95 p. 
  • Le Livre du frère, Montréal, Éditions du Noroît, 1998, 73 p. 
  • Vers l’amante, Montréal, Éditions du Noroît, 2002, 85 p. 
  • Paroles pour un voyageur, Montréal, Éditions du Noroît, 2006, 90 p. 
  • Le Livre des absents, Montréal, Éditions du Noroît, 2009, 88 p. 
  • Avec quel amour parler, Montréal, Éditions de La courte Échelle, coll. « Poésie », 2013, 37 p. 
  • Et là, mon cœur, Montréal, Éditions du Noroît, 2015, 97 p. 
  • Les amitiés fragiles, Montréal, Éditions du Noroît, 2019, 84 p. 
  • Et là mon père, suivi de Et là ma mère, Montréal, les Éditions du Passage, 2020, 94 p. 
  • Jardin-cendre, Montréal, les Éditions du Passage, 2021, 123 p. 
Hugues Corriveau, le poète qui croit au pouvoir des mots

Tout contre

Peut être une image de texte : « TOUT CONTRE CHRISTOPHE CONDELLO Écrire contre ta peau les cheveux en bataille je tente de saisir guerre et déraison et de nous guérir »

Image

Jeanine Baude

*

Auréolé, ce qu’il reste de nuit dans ce jour fade caresse la peau du survivant qui passe. Cela gonfle jusqu’au soir sur le zinc où la mousse d’un verre de bière déborde. La fille jette sa tête en arrière sur un rire de gorge. L’ennui, le ballet charnel croisent le chant, le rossignol, les notes. Le trompettiste souffle. La chanteuse écrase sa robe d’organdi entre les mains d’un « guy ». Les doigts, les jambes, le plancher, la houle dessinent, tracent sur Broadway ce sentier apache, défient la grille implacable de Manhattan. Swett Basil.

(extrait du Chant de Manhattan, Seghers 2006, p. 65)

*

Qu’est-ce que l’imaginaire face à une telle réalité ? Sinon son miroir, son essence même. Imaginer dans ce décor d’extrême nudité, ce lieu de l’absence, le surgissement d’une cathédrale de briques rouges, décolorée à souhait par les intempéries, détentrice des joyaux les plus purs. C’est au sens le plus naturel, rêver. Je rêve, donc je suis. Et revenir par ces chemins ombreux, sur un détail de la fresque. Toucher la beauté. Saisir du regard, tous les autres sens éveillés, les reliefs d’ombres et de couleurs, la robe de pierre d’un oiseau, son envol. Voilà le mystère vers lequel je voudrais, humblement, vous conduire. Le silence de la pierre m’habite parfois. Un jour, il sera ma parure mortelle.

Torcello, le berceau de Venise.

(extrait de Venise Venezia Venessia, Éditions du Laquet 2001)

*
L’eau hennit lourde langue de bleu El agua relincha pesada lengua de lo azul
Accuse ton passage Accusa to paso

La mitoyenneté serait île corps océan La medianera sería isla cuerpo océano
l’osmose de ce nu à la cheminée la ósmosis de este desnudo frente a la chemina
et de ton rêve mâcheur d’abeilles y de tu sueño mascador de abejas

(extrait de Île corps océan/Isla cuerpo océano, L’Arbre à paroles-traductions-2007)

*

Écrivain, poète, essayiste, critique, née le 18 octobre 1946 à Eyguières dans les Bouches du Rhône. D.E.A de Lettres Modernes (Aix-en-Provence U1). D.R.H. dans une entreprise privée pendant plus de vingt années. Actuellement vit et travaille à Paris. Originaire des Alpilles, elle a suivi la route des rocs d’est en ouest et revient depuis Saint-Rémy de Provence et Cassis, des Hautes Tatras à la Pointe de Pern, d’Ouessant à New York sur le lieu de houle intime : le poème. Elle aime à dire « J’écris avec mon corps, je marche avec mon esprit » ou bien « Je commets le délit d’écriture » ainsi explorer l’indéfinissable champ.
A publié une trentaine de livres, essais, récits, poésie

Une vie d’écrivain, une vie de femme, une vie de lutte. La passion des mots, de la lecture depuis l’enfance, enfin tout naturellement de l’écriture. Une éthique : Écrire, c’est Résister.
Depuis l’année 2000 de nombreux voyages en résidence : à Bratislava (Maison des Écrivains de Bratislava) 2000 et 2001 puis en 2003 au Château de Budmerice.
2002 : Venise, présentation et lecture dans les locaux de l’Alliance Française, du Venise Venezia Venessia, Éditions du Laquet (devenues depuis Tertium éditions)
Septembre 2003-Juin 2004, séjour à New York, lectures sous l’égide de l’Alliance Française. Deux livres publiés à la suite de ce voyage :
– New York is New York, Prose, Tertium editions, 2006
– Le Chant de Manhattan, Poésie, Seghers, 2006
– Buenos Aires, Le Goût de Buenos Aires, Mercure de France, en cours de publication.

La passion du partage avec les artistes peintres, sculpteurs, musiciens (Tony Soulié, Serge Plagnol, Maya Boisgallays, Agnès Bracquemond, André Villers, Lydia Domancich…) Ateliers, livres d’artistes, concerts.

Lectures en médiathèques, bibliothèques, concerts à la SACEM, dans des théâtres, des cafés. Deux fois invitée au Festival de poésie de Trois-Rivières, Canada. Invitée du Festival Lucian Blaga à l’Université de Cluj-Napoca, elle a obtenu le Grand Prix de Poésie Lucian Blaga pour l’ensemble de son œuvre au mois de mai 2008. Elle part en novembre pour l’Université de Haïfa, dans le cadre du dixième anniversaire du département de Français, conférence, lecture etc…

Bibliographie

iPoésie
– Aveux simples, Voix d’encre (2015) accompagné d’encres de Marc Pessin
– Œuvres poétiques – Tome 1, La Rumeur libre, 2015
– Soudain, La Rumeur libre, 2015
– Juste une pierre noire, éditions Bruno Doucey, 2010
– Île corps océan/Isla Cuerpo Océano, traduction de Porfirio M.Macedo, L’Arbre à Paroles 2007
– Le Chant de Manhattan, Seghers, 2006
– L’Adresse à la voix, Rougerie, 2003
– Île Corps 0céan, co-édition L’Arbre à Paroles-Écrits des Forges-Phi, (Belgique,Canada, Luxembourg) collection l’Orange Bleue, 2001
– Incarnat Désir, Rougerie, 1998
– Océan, Rougerie, 1995
– C’était un paysage, Rougerie, 1992 (Prix Antonin Artaud 1993)
– Ouessanes, Sud, 1989

Prose
– Emma Goldman « Non à la soumission », Actes-Sud junior, 2011
– Le Goût de Buenos Aires (Mercure de France) 2009
– New York is New York, Tertium Éditions (ex Éditions du Laquet) 2006
– Colette à Saint-Tropez, Langage et volupté, Images en Manœuvre Éditions, 2004
– Venise Venezia Venessia, Éditions du Laquet, 2001 (Réédition en 2002)
– Venise Idylle, Rapport d’étape, Venise, 2002

Essais
– Emma Goldman: non à la soumission, Actes Sud Junior, 2011
– « Rêver Québec avec Danielle Fournier », Revue L’Arbre à Paroles n° 140, juin 2008
– « Andrea Zanzotto », Revue H.i.e.m.s n° 9, 2002
– « L’insoutenable légéreté du poème, (4 poètes slovaques, Turan,Bielik,Zbrúz,Litvak) » Revue L’Arbre à paroles n° 109, Belgique, 2000
– « Venises sous les bois de la forêt de Cadore », Revue L’Arbre à paroles n° 103, Belgique, 1999
– « Minéral Minimal », Revue Sud n° 110-111, 1995
– Correspondance René Char-Jean Ballard 1935-1970, préfacée et annotée, Rougerie 1993

Livres d’artistes
– Aspect 1, avec Maria Desmée (Desmée Édition) 2008
– Le Fleuve trop longtemps, avec Maya Boisgallays, Éditions Transignum, 2005
– Le Bol du matin, avec Serge Plagnol, Éditions Tipaza, 2003
– Omphalos, avec Dominique Romeyer, Éditions Nan’Nigi, 2002
– Un Bleu d’équinoxe et Labiales, avec Michel Carlin et Jean-Paul Chague, Éditions A.B. 2001
– Hiéroglyphes, avec Jacques Clauzel, Éditions À Travers, 2000

A collaboré à de nombreuses revues européennes et étrangères
Membre du comité d’édition de la revue Sud de 1992 à 1997
Membre du comité de rédaction de la revue L’Arbre à paroles
De nombreux extraits de ses œuvres ont été traduits en anglais, espagnol, italien, biélorusse et slovaque…

2008
Grand Prix de Poésie Lucian Blaga décerné par l’université de Cluj-Napoca pour l’ensemble de l’œuvre.
2006
Elle en île, dossier littéraire autour de l’œuvre de J.B., Revue Décharge n° 128
2003
Printemps-été, revue Littéréalité, Toronto, Canada, publication d’une interview de John Stout (Université de Mac Master, Hamilton, Canada)
1997
P.N. Review (Manchester, Angleterre) Oceanic Feelings par Roger Little (University Trinity College, Dublin, Irlande.
1995
Dalhousie University, Halifax, N.S. Canada par Michaël Bishop, Contemporary French Poets, volume II,“ from Hyvrard and Baude to Etienne and Albiach” Atlanta, Éditions Rodopi

Membre du Comité du P.E.N Club français, Secrétaire générale du Prix du poème en prose

*

C’est avec beaucoup de tristesse que mon père Gérard, ma sœur Emmanuelle et moi ainsi que l’ensemble de nos 2 familles, nous vous annonçons que notre maman s’est endormie le 27 décembre 2021 à 16h25.Elle est partie pour un long voyage, après un combat sans relâche de 2 années contre la maladie.Je vous demande en son hommage de vous rappeler comment elle a vécu, comment elle s’est battue contre son cancer.De vous rappeler ses plus belles lectures, ses belles tenues, de ses plus belles lunettes et de garder au fond de vos cœurs l’image d’une mère, d’une grand-mère, d’une poétesse, d’une amie avec un grand cœur.

Emmanuelle et Philippe Baude

*

Peut être une image de 1 personne et texte

Jean d’Amérique

*

Des lueurs corrosives emprisonnent les bords de ma vie, me rongent jusque dans les profondeurs. Peau livrée au chant des épines, je suis comme enfouie dans un immense labyrinthe et ne sais d’où viendra enfin une brèche pour m’esquisser un horizon.

*

J’aspire au langage des chemins de rage.

Je veux chanter la trêve de mes fissures. Au nom du poing à lever, prendre la rue avec la main ouverte pour dessiner des points libres. Brûler les portes pour dire beauté de cendre dans l’éclat du verre nouveau. Fuir front nu pour revendiquer soleil.

Là sera mon chant de traversée.

*

Tous les pays blessés
ont une place sous ma peau
j’ouvre les yeux
l’espoir est un café rouge
dans mes matins fêlés
je marche
mes pas dessinent mon néant.

*

Hublot d’infinis
et d’ailes déboussolées, je vogue au fil des mondes,
l’imaginaire prompt à l’embrasure des vents
d’ailleurs,
ces fenêtres de chute
chanson de fumée qui parle aux boulevards
enfermés dans les traces,
je salue chaque peau
comme un rêve d’incandescence à l’horizon
des mains
chaque visage me conte un brasier singulier,
pour m’en brûler je révoque le sort des mégots.

*

Né Jean Civilus en 1994 à Côte-de-Fer (Haïti), Jean D’Amérique a créé en 2019, avec le collectif Loque urbaine, le festival international Transe poétique de Port-au-Prince dont il est le directeur artistique. Poète et dramaturge, il porte haut les couleurs de la nouvelle génération d’écrivains haïtiens. Il vit entre Paris, Bruxelles et Port-au-Prince.

Auteur de deux pièces de théâtre qui ont fait l’objet de lectures publiques – Avilir les ténèbres (2018, finaliste du prix RFI Théâtre) et Cathédrale des cochons (éd. Théâtrales, 2020, prix Jean-Jacques Lerrant des Journées de Lyon, finaliste du prix RFI Théâtre), il a également publié trois recueils de poésie remarqués : Petite fleur du ghetto (Atelier Jeudi soir, 2015 ; mention spéciale du prix René Philoctète, finaliste du prix Révélation poésie de la SGDL), Nul chemin dans la peau que saignante étreinte (Cheyne éditeur, 2017 ; lauréat du prix de la Vocation de la fondation Marcel Bleustein-Blanchet, finaliste du prix Fetkann de poésie) et Atelier du silence (Cheyne éditeur, 2020).

Jean d'Amérique | Institut français

CITATIONS  XXII

Merci à Philippe Tétreau et Patrick Coppens pour ces délices, en ce temps des fêtes.

Et aux auteurs, bien évidemment.

Nul n’est suffisamment intelligent pour comprendre sa propre stupidité.

Matthijs von Boxsel

Le parfait crétin est celui qui se croit plus intelligent que tous ceux qui sont aussi bêtes que lui.

Pierre Dac

On a bien raison de dire qu’il n’y a rien de plus beau que frégate à la voile, cheval au galop et femme qui danse. 

Balzac – Le père Goriot

Autoportrait : Plus encore que l’équivalent du journal intime, une confession, des confessions.

Frs T.

Au bout, la seule chose dont tu peux être sûr, l’unique certitude dont tu peux t’enorgueillir si ça te chante, à propos de ce phénomène de représentation de soi, c’est que tous les peintres, tous les écrivains ayant traité le genre avaient des doutes quant à la vérité qu’ils atteignaient. 

Frs T.

La création n’est pas invention, mais ce formidable effort de transcription.

Maël Knoll

La musique est de l’amour mis en système et en harmonie.

Platon (cité par Hart Crane)

« Chercher, dans les fonds inaccessibles de la mer, les secrets perdus. »

Par les portraits, on apprend à réfléchir.

Van Gogh

La répression contre les fumeurs est une forme de l’intégrisme protestant. 

Frs T.

Victimes ravies à l’imprudence méticuleuse. 

Patrick Coppens

Sur un plan éclaté-la lumière en pièces détachées.

Patrick Coppens

L’ombre projette de s’installer partout comme un tatouage d’infamie.P. C.

Frénésie des copeaux, liberté travaillée, sous l’œil de la planche.

Patrick Coppens

Pour savoir ce qu’il adviendra le bourdon fredonne, tenant sa bedaine. Les fleurs lui pardonnent toutes ses fredaines. 

Patrick Coppens

Le monde est un bourbier, tâchons de rester sur les hauteurs.

Balzac (Le père Goriot)

À Paris, le succès est tout, c’est la clef du pouvoir.

Balzac

(…) les voies tortueuses ne mènent à rien de grand.

Balzac

Innocente pour elle et prévoyante pour moi, elle est comme l’ange du Ciel qui pardonne les fautes de la terre sans les comprendre.

Balzac

Si je vous parle ainsi du monde, il m’en a donné le droit, je le connais. Croyez-vous que je le blâme ? du tout. Il a toujours été ainsi. Les moralistes ne le changeront jamais. L’homme est imparfait. Il est parfois plus ou moins hypocrite, et les niais disent alors qu’il a ou n’a pas de mœurs. Je n’accuse pas les riches en faveur du peuple : l’homme est le même en haut, en bas, au milieu.

Balzac

Sa vue morale avait la portée lucide de ses yeux de lynx.

Balzac

(…) l’homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire.

Balzac

Une lettre est une âme, elle un si fidèle écho de la voix qui parle que les esprits délicats la comptent parmi les riches trésors de l’amour.

Balzac (toujours…)

Le Français aime le péril parce qu’il y trouve la gloire.

Chateaubriand cité par Rastignac 

Une chose digne de remarque est la puissance d’infusion que possèdent les sentiments. Quelque grossière que soit une créature, dès qu’elle exprime une affectation forte et vraie, elle exhale un fluide particulier qui modifie la physionomie, anime le geste, colore la voix. Souvent l’être le plus stupide arrive, sous l’effet de la passion à la plus haute éloquence dans l’idée, si ce n’est dans le langage, et semble se mouvoir dans une sphère lumineuse. (…) nos beaux sentiments ne sont-ils pas les poésies de la volonté?Balzac

L’argent ne devient quelque chose qu’au moment où le sentiment n’est plus.

Balzac

Pour être libre, la mort est la moindre des choses.

Jean-Pierre Guay cité par José Acquelin

La liberté sort du lit du mort.

José Asquelin.

« Vous savez bien que vous êtes nous, vous… ».

Balzac

Qu’il m’est si doux de te parler de nous.

Flaubert à Louise Colet

L’insuccès accuse toujours la puissance de nos prétentions.

Balzac

Il est des situations dans la vie où tout est amertume.

Balzac

(…) l’amour n’est peut-être que la reconnaissance du plaisir. 

Balzac

Je prends de l’assurance résigné à paraître un instant. Toujours trop orgueilleux pour avoir de l’ambition…Humble devant l’extase.

Patrick Coppens

Exilé j’avais de l’allant je faisais fête à tout venant.

Patrick Coppens

Il est exactement l’heure que vous voulez qu’il soit (…) Encore l’orgueil tête renversée écoute ses pensées choisies parmi de meilleures sensations.

Patrick Coppens

L’un des plus grands coups de Chaplin – ce Mozart de l’humour  – fut de laisser croire aux Nazis qu’il était juif parce qu’il était en intelligence avec Einstein et d’avoir berné simultanément E. Hoover avec sa trop faible américainophilie et son communisme capitaliste. 

Philippe Tétreau 

Il n’est pas de plus grande source d’erreurs que de laisser prendre aux mots. 

Jean Tétreau (oxymore?)

Citation de Christophe Condello

Dans le vin la vérité, d’une seule nuit.

Christophe Condello 25/12/2021

Homme sans épaules

Homme sans épaules

aveuglé

par les années

le strass et tant de vie

homme qui tente

de sortir du sommeil

en vain

et de compter les bernaches

prie les nuages et la pluie

patiemment

pivote vers la lumière

retourne à l’animal et l’humus

dans l’année qui s’approche

aimer sera toujours demain

Christophe Condello

25/12/2021

Frédéric Tison

*

J’HABITE UN FEU NOIR, une herbe courbée — une tour aux premières marches brisées.

Je me meus dans la marge des livres : c’est moi, le petit visage d’encre qui regarde ailleurs ; moi, le rinceau rêveur ; moi encore, la petite main crayonnée qui signale le passage.

Je suis une ombre qui parle à la vie ; j’ai vu de l’or dans les yeux du monde : serais-je un soupir qui parle à ce désir ?

Je suis l’aphélie — Des falaises rongées du ciel étoilé, je rapporte des gemmes, des comètes, des yeux — des astres amoureux.

*

SELON TOI, je suis le prince retiré dans le secret de tes tours.

Saignées dans les pierres, fenêtres brisées des chambres légères, eaux et ombres : sont-ce là tes propriétés ?

Dans tes lieux noirs, j’ai rôdé, sur tes sommets, dans tes combes, sous un ciel dont tu ne savais les étoiles ni l’ombre où gisait l’éclat d’une nuit sans pareille.

Crois-tu prendre corps dans ta réalité ? Ta réalité ! Le vent souffle sur ta réalité, les herbes la recouvrent.

*

Je suis ici le vent d’un autre port, d’un autre pays, d’une autre fois.

Je suis ici l’audace qui meut les bras chargés d’oiseaux affamés — les branches exténuées, les fleurs avides.

Je suis ici le chemin dévorant — et cette offrande-là, unique soleil parmi les herbes, entre les pierres, c’est mon ardente éclipse.

*

Dans ce pays j’ai des yeux plus clairs.

Mon cœur y est un nombre, une immédiate danse. Je souffle là dans un os qui me chante.

Dans ce pays mon corps est moins étrange ; une seule fleur est mon insolence, et toute ma pensée.

Dans ce pays mes bras sont lierres et pampres, dans ce pays j’ai des jambes plus légères.

*

Frédéric Tison, né en 1972 à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, vit et travaille à Paris, où il est responsable d’une bibliothèque scolaire. Il est l’auteur de livres de contes et de poésie. Quelques-uns de ses poèmes et études ont paru dans les revues de poésie Les Hommes sans Épaules, Recours au poème, Ce Qui Reste, Arpa, Possibles (nouvelle série), Terres de femmes et Concerto pour marées et silence. Il collabore régulièrement avec des peintres, des graveurs et des photographes pour des livres d’artiste. Il figure dans l’anthologie de Christophe Dauphin, Appel aux riverains (éd. Les Hommes sans Épaules, 2013). Un de ses poèmes a été mis en musique par la formation musicale Le Fil du rêveur (Album L’Échappée perpétuelle, 2014). Éditeur de livres rares et oubliés (Jehan Renart, Charles d’Orléans, Maurice Scève, Étienne Dolet), il est également l’auteur d’albums de photographies, et s’adonne à l’encre de Chine et à l’aquarelle.
Son livre de poèmes en prose Le Dieu des portes a reçu le Prix Aliénor 2016, décerné chaque année depuis 1998 par le comité du Cercle Aliénor, cercle de poésie et d’esthétique Jacques G. Krafft. Son livre La Table d’attente (2019) a obtenu le Prix du Poème en prose Louis-Guillaume 2021.

*

Citation de Normand Lalonde

C’est éblouissant, tout ce que Dieu parvient à faire, sans même avoir besoin d’exister.

Normand Lalonde

Merci Patrick Coppens pour cette belle découverte.

Concours intercollegial de poésie 2021-2022

C’est un avec un grand plaisir que je lis, encore cette année, les poèmes proposés par les cégépiennes et cégépiens du Québec.

L’évènement, organisé par le Collège Ahuntsic, regroupe cette année de nombreux textes d’une très belle qualité.

J’ai déjà hâte de recontrer Mme Aimée Dandois, Mme Claire Varin et Mr Patrick Coppens, afin de déterminer les différentes palmes.

Bonne chance à toutes et tous.

26e recueil de poésie Pour l'instant

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