En lisant le Monde du 30 mai à Mouans-Sartoux-Patrick Joquel

Qui a envie d’être tué pour une guerre ? Personne aucun soldat aucun civil ni aucun journaliste personne et pourtant à ce jeu de roulette de hasard on compte les corps on renseigne la cause du décès on les place dans des sacs mortuaires avec un numéro une date et quand on peut un nom on enregistre tout ça puis direction la fosse commune ensuite les vivants fumeront une cigarette ou croqueront un carré de chocolat puis passeront à la suite

www.patrick-joquel.com/textes/echos/

Vu par Patrick Joquel à 09 h 51

Jean-Sébastien Huot

*

En cette demeure
Se dressent trois colonnes marbrées
Les plis d’un rideau coiffent
Cette mère aux paumes léchées
Par le sel d’une marée haute
Le ciel tient dans un verre que je pose sur le carrelage
*

Visage vrai 

Que je découpe avec des ciseaux. 

Les polaroïds de ces pages pleurent: cire, urine, cendre.

*

Je n’engendrerai pas ces sciences exactes
Ni ces dépouilles autour de leurs chiffres
Mais témoignerai des dieux sur terre.

*

Elle aura fait vœu 

De regrouper les os de caille 

En un cercle blanc 

Inondant nos chambres de chloroforme 

Herbes hautes et rosée

*

Écrivain et artiste visuel, Jean-Sébastien Huot est né à Québec en 1971. Fondateur de la revue de poésie Gaz Moutarde, il détient une maîtrise en création littéraire de l’Université du Québec à Montréal. Il possède aussi un diplôme d’études supérieures spécialisées en psychopédagogie de l’Université de Montréal. Il enseigne la littérature au Cégep de Sherbrooke depuis 2005.

Stéphanie Roussel

*

je n’entends ni démons 

ni extraterrestres rien d’autre que des hommes blancs 

un sifflement perpétuel 

mon nom chuchoté jusqu’à ma résurrection 


*

j’entends son réveil un baiser le matin qui s’étire
je n’entends plus son réveil mais le bruit sourd d’une noyade
un mensonge bourgeonne sur nos paupières

il porte des secrets à ses doigts
un mystère qui se répète d’une fille à l’autre
un ilot du passé un chuchotement ses fesses crispées
comme moi il préfère l’amnésie
à la lenteur de guérir

je brode des souvenirs sur ses lèvres
je tiens un fleuve à bout de bras
devant le feu j’attends de le changer en lucioles

au lever sentir la rosée son souffle

*

je connais peu de mots
pour me raconter

je n’ai pas besoin de métaphores

éclairé par la lueur chatoyante du robinet
un geai bleu gazouille
et l’hiver suffit

*

Stéphanie Roussel est née à Montréal en 1991. En plus d’être membre du comité de rédaction d’Estuaire, elle codirige le collectif Les panthères rouges et a coréalisé le documentaireOpen Mic. Elle a aussi assumé la direction de livres, dont De gestes et de paroles (2016) et Un Noël cathodique (Ta mère, 2017). Elle explore les formes de la poésie, du récit, du reportage littéraire et du scénario. Son premier recueil de poésie, La rumeur des lilas, est paru chez Del Busso en 2018.

Yves Namur reçoit le prix Lucian Blaga en Roumanie

Le grand prix du Festival international Lucian Blaga, récompense décernée à Cluj-Napoca (Roumanie), a été remis cette année à Yves Namur.

Le grand prix du Festival international Lucian Blaga

Le grand poète roumain Lucian Blaga est décédé à Cluj-Napoca en 1961. La ville lui rend hommage par le biais d’un festival international annuel. Au cours de celui-ci, un prix, au nom du poète, est décerné.

Yves Namur récompensé

Le Festival Lucian Blaga renaissait cette année après deux ans d’interruption en raison de la pandémie. Son prix est allé à Yves Namur, Secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, poète et éditeur (il a fondé et anime les éditions du Taillis pré). Le prix récompense à la fois le travail d’Yves Namur en faveur du rayonnement des écrits de Lucian Blaga et l’œuvre personnelle de ce poète belge « expérimenté, profond, éblouissant, d’une expressivité vibrante, royale par sa simplicité« .

Un programme poétique et culturel

Deux poètes belges ont participé à l’édition 2022 du Festival international Lucian Blaga, Yves Namur et Béatrice Libert. Outre le Festival, ils ont également pris part à différentes activités, notamment à la Maison mémoriale Lucian Blaga de Lancrăm, le village natal du poète – où Yves Namur a reçu une Distinction d’excellence de la part du Centre Culturel Lucian Blaga pour son apport au rayonnement de la poésie de Blaga – puis à Alba Iulia, dont la Bibliothèque départementale avait organisé un récital poétique mettant les deux auteurs à l’honneur.

namur la tristesse du figuier traduction roumaine

La remise du prix du Festival international Lucian Blaga a par ailleurs été le cadre du lancement de la traduction roumaine de La tristesse du figuier. Le recueil poétique d’Yves Namur, dans la traduction de Sonia Elvireanu, parait aux éditions Școala Ardeleană. Publié en français aux éditions Lettres vives en 2012, il avait valu au poète le prix Mallarmé.

En aucun lieu-Maxime Cayer-Les éditions Hamac-Groupe Nota Bene-Par Martine Levesque

*EN AUCUN LIEU* Maxime Cayer* Les Éditions Hamac, Groupe Nota Bene* par Martine Lévesque*

28 Mai 2022

*Je tiens à remercier les Éditions Hamac et Le Groupe Nota Bene pour ce service de presse*

-En aucun lieu
-Maxime Cayer
-Les Éditions Hamac
-72 pages
-Recueil de poésie, deuil amoureux, éco anxiété, obsession, écologie, Terre

*Les Éditions Hamac**Maxime Cayer, FB**Groupe Nota Bene*

Le commentaire de Martine :
Un recueil de poésie empreint du deuil amoureux et d’éco anxiété, selon les poèmes de Maxime Cayer, les deuils amoureux se dégradent comme l’écologie de notre planète. Un parcours entre ses vers qui sont percutants, poignants et tristes. Le désespoir, la sensibilité, la douleur permettent au poète de rendre ses textes troublants, bouleversants et saisissants, je dois avouer, on est dans une nature désenchantée, blasée et désillusionnée.
Une lecture intéressante, qui pogne le lecteur dès le début et qui le fait passer par une panoplie d’émotions diverses. Ce fut un bon moment de lecture.

Résumé :
Une poésie visuelle qui crée des tableaux et largement inspirée du cinéma, notamment des films d’Andreï Tarkovski
Les poèmes de En aucun lieu sont principalement axés autour de l’obsession de la mort, du découragement et de la dépression. Les paysages urbains déshumanisés présents dans Les amours industrielles (premier recueil de l’auteur), composés d’autoroutes, de stationnements déserts, de béton et de métaux, côtoient maintenant des forêts, des champs, des plages ; cependant c’est une nature désenchantée, intoxiquée et polluée dont il est question. C’est un univers post-apocalyptique, cependant ce n’est jamais explicite ; il pourrait tout aussi bien s’agir de notre présent. En aucun lieu relève aussi de la dystopie « personnelle », une dégradation du soi vécue comme un cauchemar éveillé.Tag(s) : #POÉSIE#DEUIL AMOUREUX#ÉCO ANXIÉTÉ#OBSESSION#ÉCOLOGIE#TERRE#QUÉBÉCOIS#MARTINE L

Théorie du monologue-Vladimir Kazakov

La Barque est heureuse de vous annoncer la parution deThéorie du monologue de Vladimir Kazakov.
Premier livre de Vladimir Kazakov à paraître en France, Théorie du monologue peut d’abord surprendre par son titre en rapport à son contenu : 35 lettres d’amour adressées à une femme, entre décembre 1973 et juin 1974, sans que ses réponses à elle nous soient données. D’où l’indication que ce titre nous convie de recevoir, grave et ironique.
Cependant qu’à lire ces lettres une à une, nous voyons que réponses de la part d’Irina, la femme aimée, lui ont bien été transmises…
Livre d’amour alors, et amour que l’on pourrait bien sûr qualifier, à l’instar de Breton, de « fou ». Folie, tout autre également, paraissant se préciser au fur et à mesure des lettres à la croisée des mots ; en miroir de ce que de l’être aimé nous recevons, toutes choses ici mises en rapport selon une synesthésie qui l’amplifie (« lignes » d’écriture, « lignes » de pluie, des rayons de lumière…).
C’est que ce livre démontre (et démonte) en ces lettres un rapport qui ne se peut être théorisé que sous une forme inouïe à laquelle Vladimir Kazakov, coutumier des déplacements, se prête, traversant l’angoisse.
***
Poète, écrivain, dramaturge, Vladimir Kazakov est né le 29 août 1938 à Moscou. C’est dans cette même ville, où il vécut une grande partie de sa vie, pour le moins peu commune et mouvementée, qu’à l’âge de 49 ans, il mourut en 1988. Après avoir effectué différents métiers (orpailleur, bûcheron, enseignant chez les nomades tchouktches, charpentier, soutier, puis marin, puis joueur de cartes professionnel), il se consacre à l’écriture à partir de 1965.
Vladimir Kazakov s’inscrit dans les pas de l’avant-garde russe (futuristes, Obérious…), et peut être considéré, à sa manière, comme le successeur d’Alexandre Vvedensky, Daniil Harms, Velimir Khlebnikov, ou d’Alexeï Kroutchenykh rencontré en 1966.
https://labarque.fr/librairie/livres/auteurs/vladimir-kazakov/theorie-du-monologue/
En librairie le 3 juin.
Bien amicalement.

Solovox Mireille Cliche – 15 juin 2022

Solovox carte blanche à Mireille Cliche,
avec Éric Roger et ses invités:

-Dominique Lauzon
-Marie-Helène Montpetit
-Catrine Godin
-France Boucher


paysagiste sonore Marc Poellhuber
+Micro Ouvert
10$=recueil de poésie ou revue

mercredi le 15 juin 2022
à la petite marche
5035 St-Denis
(métro Laurier)

de 18:00 à 21:00 

Verso à la salle Bourgelat- 10 juin 2022

Message de Clément Bollenot:

Joep Polderman

*

il y a la porte dans la chambre

qui se rapproche

il y a les larmes noires

d’un sang qui circule

peut-être trop entre

nous il y a la chambre

gauche qui clôt ses paupières

et il y a la tête et la main

qui remontent

la couette entre nous

il y a l’indicible plume

d’un regret sans cause

sans lumière

elle se perd dans la distance des peaux

et la porte rapproche

toujours davantage

la peur du départ

*

rien n’a changé

le bureau se trouve toujours

à côté. une pièce se joue

par les ombres des arbres

contre le plafond et la Seine

s’écoule. c’est la nuit. rien

sauf les mots

où on ne se reconnaît

plus. et le silence

qui est une langue

plus lourde que nos épaules

qui ne se touchent

plus.

*

je recule
devant l’immense

image d’espace
parfois il manque

à mon regard
moi-même

de même que la forme
et la couleur du hasard
de ce qui m’environne

et je sais que je ne pourrais jamais accueillir en moi
qu’un quart ou moins

mais un quart
d’espace
c’est déjà la silhouette

déracinée des pieds
jusqu’à la tête
une fleur cueillie                    dans le temps

qui s’efface

c’est déjà un filament
l’étincelle allumée
par mon désir – du bûcher présent

les amours

soufflées. perdues.
un à un passé

sous mes pieds
la terre tremble
rugit sans traces

la mémoire les efface
jusqu’à la pâleur des pierres

je pleure je souris
c’est comme ça.

 *

tout le monde part
dehors
même la vie
dedans
fuit

le temps passe
sans traces
que nous
devant l’immense
bouche béante

autour du nœud
« moi »
tout se détache

même la peau se relâche
et les nerfs se délient
« je » fuis

 *

mon corps

un poids parmi tant d’autres
dans cet espace-là
présentement

mon corps presse contre les herbes vertes à Montsouris
sur une colline

le bleu du ciel est partout                je dirais

les herbes vertes pressent contre mon corps à Montsouris
dans une vallée

partout brille le bleu du ciel            je dirais

une impression condensée
nous submerge

elle à mes côtés
ou moi en corps
à côté d’elle

on meut en réalité
tout ce qui est présent
rythmé

aux accents
d’une surfaces et de secondes 
accidentels                                       – on respire  

quel soulagement de le ressentir     – on vit 
encore en corps
la pelouse pulse fort

 *

le souffle silencieux
centrifuge                               l’univers dans ses yeux
                                               / j’attends en mouvement
que l’étincelle du silex
révèle la motion des cieux

*
Joep Polderman est une poète née à Zutphen (Pays-Bas) en 1994. Après un séjour aux États-Unis, elle s’installe à Paris en 2012 où elle apprend le français et obtient des diplômes en histoire de l’art (2016, Panthéon-Sorbonne) et en littératures françaises (Sorbonne, 2019). Pendant ses années d’études, elle commence à composer des poèmes et d’autres textes en français. Elle a publié sang aux Éditions de La Crypte. Plusieurs textes poétiques ont paru dans les revues Point de Chute et Hurle-Vent (printemps 2021)Elle partage également des extraits, des brouillons, des dessins et des sources d’inspiration sur son compte Instagram (@premières.feuilles).

Son site: www.joeppolderman.com

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Karel Logist

*

Je pousse les jours devant moi

Ils pèsent lourd Ils sonnent creux

pas à cause du poids des heures

ni du silence des amis

ni de la grippe que tu sais

mais parce que tu n’es pas là

Le soleil n’a pas froid aux yeux

Il frappe partout sans entrer

Il veut me parler du printemps

Je ne l’écoute pas Je pleure

pas à cause de sa lumière

ni d’être giflé par le vent

mais parce que tu ne viens pas

Je tourne en rond, me mords les lèvres

pour ne pas crier ton prénom

Je reste au lit sans mouvement

autre que vers mon téléphone

pas pour des nouvelles du monde

ni de la fièvre qui menace

mais parce que mon chant se tait

dès que tu ne me parles pas.

*

Sous ce soleil oblique

les sentiments nouveaux poussent facilement

On se réveille un jour

un temps d’inattention : ils sont là, prolifèrent.

On interroge On ne comprend pas bien

Sont-ils nés d’un regard, d’une voix rencontrée ?

*

J’écris des poèmes nains.

Mes poèmes mélangent

sous le manteau de l’ange

le miel et le venin.

J’écris des poèmes faits main.

Mes poèmes étranges

troublent parfois dérangent

l’ordre d’hier avec demain.

J’écris des poèmes en forme d’orange

et votre bouche qui les mange

c’est encore moi qui la peins.

*

Karel Logist est né à Spa en 1962. Liliane Wouters publie son premier recueil, Le Séismographe, en 1988 aux Éperonniers. Suivent dix recueils, parmi lesquels Ciseaux carrés (1995), Alexandre Kosta Palamas (1996), Force d’inertie (1996), J’arrive à la mer (2003), Le Sens de la visite (2008), et l’anthologie personnelle Tout emporter (Le Castor Astral, 2008). Membre du comité de la revue Écritures à la fin des années 90, il a fondé la revue et les éditions Le Fram avec Carl Norac et Serge Delaive. Il anime de nombreuses rencontres d’écrivains et des ateliers d’écriture. Karel Logist est lauréat de nombreux prix de poésie, dont le Prix Robert Goffin, le Prix Maurice Carême, le Prix Jeune Talent de la Province de Liège, le Prix du Parlement de la Communauté française et le Prix Marcel Thiry.
Son site: https://karellogist.com/

Bibliographie

  • J’arrive à la mer, Editions de la Différence, Collection clepsydre, Paris, 2003, 128 pages. (Prix Marcel Thiry)
  • Tout emporter, poèmes 1988-2008, préface de Liliane Wouters, Le Castor astral, Collection Escale des lettres, Bordeaux, 2008, 172 pages.
  • Desperados, Editions L’arbre à Paroles, Amay, 2007, 86 p.
  • Si tu me disais viens, Éditions Ercée, Bruxelles, 2007, 96 pages
  • Force d’inertie, Le cherche-midi, Collection Domaine privé, Paris, 1996, 61 pages. (Prix du Parlement de la Communauté française)
  • Mesures du possible, Editions L’arbre à Paroles, Amay, 2011, 148 pages.
  • Mademoiselle Grand et Monsieur Belle, MaelstrÖm, Collection Bookleg, Bruxelles, 48 pages
  • Un danseur évident. Éditions L’Arbre à Paroles, Amay, 2004, 43 pages.
  • Retours. Éditions L’Acanthe, Namur, 2001
  • Une quarantaine, L’Arbre à Paroles, Collection traverses, Amay, 1997, 55 pages.
  • Alexandre Kosta Palamas. Éditions Les Eperonniers, collection Feux, Bruxelles, 1996, 69 pages, ISBN 2871322805
  • Ciseaux carrés, L’Arbre à Paroles, Collection traverses, Amay, 1995, 40 pages.
  • Le séismographe, Éditions Les Eperonniers, collection Feux, Bruxelles, 1988, 96 pages.
  • Dés d’enfance et autres textes (Le séismographe et Alexandre Kosta Palamas), Bruxelles, Espace Nord, 2013, 256 pages
  • Le sens de la visite. Éditions La Différence, Collection clepsydre, Paris, 2008, 90 pages
  • La traversée des habitudes, 2016, éd. TETRAS LYRE
  • Un coeur lent, 2019, éd. TRETAS LYRE
  • Soixante-neuf selfies flous dans un miroir fêlé, Collection iF, l’Arbre à paroles, 2021
Karel Logist

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