longitudes et lassitudes de Nina Bouchard-Bouc Productions


*

même au fond de l’eau

la secousse habituelle

ne s’arrête jamais

les battements

du coeur

dans le coeur

me paraissent

si loin

lentement

très lentement

ils remontent

*

Entre les lignes de Nina Bouchard, les battements du cœur et le voyage ne s’arrêtent jamais.

L’auteure tisse une trame du temps qui passe, de l’enfance à aujourd’hui. Le mots nous emportent avec émotion, de la cuisine au bord de la mer, aux abords de la vie.

Cette écriture, réussie, de l’intime, nous transporte comme un métro qui s’éloigne dans le noir, pour mieux rejaillir, inéluctable et insaisissable.

Un métro, métaphore du mouvement perpétuel et de la recherche de soi.

*

il y a tellement longtemps que je me suis croisée

je ne sais plus à quoi je ressemble

*

je veux revoir le monde

en tombant ici

mes pieds sont glacés

mon corps est déjà en train de mourir

*

À travers des poèmes très évocateurs, la quête identitaire, omniprésente, se fait sentir. Tout autant que les contrastes qui existent entre nature, campagne et ville.

Les questionnements se font cartographie.

Nina Bouchard nous parle aussi, avec retenue et patience, d’amour.

De soi, de l’autre, de l’univers tout autour de nous.

*

Je reste là

assise

j’attends

l’éternité

l’impossible

l’inaccessible

je reste là

j’attends

*

Chaque minute est soulignée, chaque moment est mis de l’avant.

Comme un rappel de la beauté de l’existence.

Comme si les tracas devaient toujours s’effacer devant la majestuosité de l’instant.

Qui finalement prédomine.

*

le corps que j’habite

je ne l’aime pas

il tolère ma présence

aujourd’hui

il me laisse écrire

je lui permets de faire du vélo

*

la solitude me donne envie d’aller vers la foule

la foule me donne envie d’être seule

ce soir je serai une solitude au grand jour

*

Les textes nous interpellent et parviennent à observer le monde, tout autant que le monde nous observe.

*

tout est noir

mais je sais que dans l’herbe

des milliers d’insectes

le regard brillant

m’observent

*

L’auteure a inclus 6 photographies originales à l’intérieur du recueil.

Longitudes et lassitudes

Bouc Productions

2019

112 p

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