Gabrielle Boulianne-Tremblay

Nous avions l’habitude de pleurer sur le cadavre de la forêt. Quand le soir tombait, nous tombions avec lui. Il me reste ton rire à travers les saisons. Mais la solitude n’est plus meurtrière. Les torrents épousent mes courbes, me confectionnent le plus confortable des habits. La respiration sous l’eau guérit les plaies. Toute une colonie de peupliers traverse mon ventre et enraye la chute

https://www.facebook.com/GabrielleBoulianneTremblay/

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Entre tes cuisses

Qu’ai-je à chercher
toujours
un instant qui viendra
peut-être pas

qu’un nuage s’éclipse
derrière
l’éblouissant éclat
de ton aurore

qu’ai-je à chercher
encore
ce qui n’est pas….

Christophe Condello

1er août 2017

Terres calcinées

Un volcan

en nous

un jour ou l’autre

brûle le coeur

de nos extrêmes

 

métamorphose

 

nos terres premières

En attendant le sommeil de Samuel Racine

Un étudiant remporte la 3e place au concours intercollégial de poésie

Samuel Racine, étudiant du profil Création littéraire du cégep du Vieux Montréal, vient de remporter le 3e prix au concours intercollégial de poésie Pour l’instant avec son texte intitulé En attendant le sommeil. Le jury a choisi trois lauréats parmi 130 participants. Nommé par la Fondation lavalloise des lettres (FLL), il était composé des poètes Aimée Dandois, Patrick Coppens et Christophe Condello ainsi que de l’écrivaine Claire Varin.

En plus de recevoir un prix de 200$, Samuel verra son texte publié dans le recueil intercollégial de poésie qui sera lancé en mai prochain au collège Ahuntsic.

En attendant, on vous invite à lire les textes de ce passionné de littérature dans notre revue littéraire, Tric Trac, et dans le premier numéro de la collection Voir les voix.

Bravo Samuel !

 

EN ATTENDANT LE SOMMEIL

 

je bois un thé noir

la nuit progresse

à ma fenêtre

comme un intrus

 

la lune ce soir est

témoin de nos extrêmes

l’Amérique brule

et il reste déjà

bien peu de nous

 

j’attends patiemment

la première neige

qui tombera lourde

comme un attentat

 

***

 

un matin je me réveillerai

la tête blanche

et je prendrai l’auto

jusqu’au cimetière

 

j’irai poser ce poème

sur ta tombe

La danse des eaux de Léa Rouleau

NOUVELLES

Léa Rouleau du Cégep de Drummondville remporte la 1re place du Prix intercollégial de poésie

L’étudiante du Cégep de Drummondville a charmé le jury avec son poème «La danse des eaux»

31 janvier 2017 – Léa Rouleau, étudiante en 2e année au double DEC en Sciences humaines et Arts, lettres et communication (Multidisciplinaire) au Cégep de Drummondville, a remporté la première place du Prix intercollégial de poésie, un concours déployé parmi tous les cégeps de la province.

Son poème intitulé «La danse des eaux» s’est démarqué parmi les quelque 130 écrits soumis au concours. Elle recevra non seulement une bourse de 650 $, mais verra aussi son poème publié dans le Recueil intercollégial de poésie, qui paraîtra en mai.

L’étudiante et auteure s’est dite extrêmement fière et heureuse de recevoir ce prix, qui lui confirme que son talent est bien réel. «J’ai toujours aimé écrire et j’ai toujours su que j’avais un certain talent. Mais comme je n’expose habituellement pas mes textes à la critique, il m’était difficile d’en être convaincue. C’est pourquoi de recevoir ce prix, c’est comme si on me disait «Tu es vraiment bonne Léa, continue», et je trouve ça extraordinaire!», a-t-elle confié.

À propos de «La danse des eaux», elle souligne que c’est un poème qu’elle a écrit il y a déjà plus d’un an, alors que l’inspiration lui était venue spontanément en écoutant un chant celtique. Fréquemment inspirée par la musique qu’elle écoute, et naturellement attirée par l’eau, sa force et son caractère poétique, ce poème lui a particulièrement tenu à cœur. Lorsqu’il a été demandé en classe d’atelier d’écriture de soumettre un poème pour le Prix intercollégial, elle a tout de suite eu envie de retravailler «La danse des eaux», un poème qui traite d’une noyade, non pas dans un sens dramatique ou de désespoir, mais bien comme d’une bataille intérieure qui se termine par un abandon à la puissance de l’eau.

Le Prix intercollégial de poésie
Le Prix intercollégial de poésie est un concours réalisé par le Collège Ahuntsic qui offre aux étudiants et étudiantes de tous les cégeps de la province un lieu privilégié où dévoiler leurs œuvres, puisque les textes soumis ont l’opportunité de se retrouver dans le Recueil intercollégial, qui en sera à sa 25e parution cette année.
Le jury du concours, nommé par la Fondation lavalloise des lettres, le donateur des bourses offertes aux trois meilleurs poèmes, était composé en 2017 des poètes Christophe Condello, Patrick Coppens et Aimée Dandois.

«Réuni à Laval le 12 janvier, le jury a particulièrement apprécié « La danse des eaux », ayant été sensible à la cohérence et au rythme de cette prose poétique, d’un expressionnisme lyrique exposant un état fusionnel dans lequel l’auteure s’efface jusqu’à disparaître devant la puissance de la nature», a confirmé une responsable du Prix intercollégial de poésie.

Pour lire «La danse des eaux».

Source : Elise Laramée

Braise

Braise

Poème écrit pour la Campagne Poétique Internationale de Solidarité
avec les Détenus Politiques du Mouvement Culturel Amazigh.

De temps à autre
tu incinères un souvenir
car la vie comme l’hiver
sont glacés
étincelles essentielles
à la braise
du corps et du cœur
et
quelque fois
tu fais un pas
vers l’horizon
pour exister
encore un peu
malgré les murs dressés
contre l’espoir
emprisonné
toi
le poète qui ose
dire
ce qu’il ne faudrait pas
dire
des neiges intérieures
comme de la banquise
corrompue
du silence

25 avril 1792

L’heure rouge

de la méduse

va bientôt sonner

sous un soleil levant

couleur paprika

tous sont venus

tous sont las

comme on fait son délit

on se couche

les dents bien aiguisées

les dents bien blanches

la mort me sourit

et moi je pense

une dernière fois

à la médecine

que je t’ai administré

aujourd’hui

il n’y a plus de débat

je regarde la lame

et toi tu tranches

Christophe Condello

18 février 2017

Les colchiques-extrait- 25 décembre 2016

Extrait d’un poème de Guillaume Apollinaire (pour personne toxique):

Les colchiques

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne—Guillaume Apollinaire (1880 – 1918)

Ode à toi qui parfois me fait l’honneur de te dévêtir de tes brumes et de tes orages (titre long pour suite courte à St-Alphonse de Rodriguez, 27 août 2016)

Cette nuit éreintée

pleines d’étoiles

j’ai touché le paradis

toutes ces heures

à côtoyer

le pays souverain

de ton corps

*

Après avoir longtemps cherché

ce soir je vois

par les yeux de Jean-Paul Daoust

fraîchement opérés

qui suintent

son âme révoltée

ce soir je vois

comme jamais je  n’ai vu

toute la poésie

qui existe

entre tes cuisses

*

J’écris pour vivre

un peu plus

un peu plus longuement

j’écris pour survivre

au quotidien frelaté

qui nous abîme

et nous consume

j’écris le plus souvent possible

 

avec mon sperme

*

Prenez et mangez en toutes

oui j’ai bien dis toutes

sans exception

à profusion

car ceci est mon corps

livré à vous

*

Première aube

*

Subir

la première aube

qui insinue sa langue gercée.

Puis apprendre,

mâchoires descellées,

d’où vient la douleur

partout présente

dans l’étreinte

et le désir d’oublier

les ciels de naphtaline.

Dehors,

les ruelles vaporeuses

s’écorchent aux grilles

des égouts.

*

Des bourrasques chavirent l’infini.

Comment ne plus taire

le grain de nos peaux,

les yeux qui catapultent

des étoiles?

*

Une pierre ébranle

la soie lactée

des anges.

Un soupir ébauche une trace.

Entre nous déjà

un autre horizon.

*

Chaleur anthracite.

L’hiver étouffe

un air glacial.

Nos pieds retracent le crépuscule.

Dehors

la tentation

de disparaître.

*

Christophe condello

04 janvier 2016

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