Poèmes de Fernand Ouellette

*

Nos très noirs sanglots d’ailes
au rouge printemps de ta foudre
se nouent en vain;
il y a mort de soleil
à la source du jour,
mort de lumière profonde
en l’élan de l’œil

*

Solitaire mon phallus était hagard
était bourreau
tant loin de Dieu il connut l’errance.
Alors souple ta vulve le rassura
en repliant ses ailes.
Quelle aire verte nous traversâmes!

*

Nous ne pouvons
plus reculer.
La vie nous tient
jusqu’au silence.
Le périple commence
toujours par l’abîme.
Par la révélation
du vide,
la chute entière
dans la solitude

*

Pourquoi l’étouffement ?
Ou ce passage par la faille,
cet effritement des lignes?
Et rien en nous, du vert et des pousses,
du premier chant après l’éveil?

*

Ô ma race saignant sous la déchirure,
saignant la sève comme un acide.
La neige avait mal en nous.
Les îles poussaient sous nos pas.

*

Fernand Ouellette, poète, essayiste et romancier, est né à Montréal en 1930. Une quarantaine de titres jalonnent un parcours d’écrivain exceptionnel, qui lui a valu le prix Athanase-David, le Prix du Gouverneur général du Canada à trois reprises, le prix Ludger-Duvernay, le prix Gilles-Corbeil et quelques autres prix du Québec, de France et de Suisse. En 2005, il était nommé chevalier de l’Ordre national du Québec et en 2010 il recevait la médaille annuelle de l’Académie des lettres du Québec pour l’ensemble de son oeuvre.

PRIX ET DISTINCTIONS


Fernand Ouellette, récipiendaire de la médaille de l’Académie des lettres du Québec

Grand Prix du Salon International des Poètes Francophones du Bénin

Grand Prix international de poésie de langue française Léopold-Sédar-Senghor

Nommé membre honoraire de la revue Le Sabord

Entrée dans le Petit larousse illustré 2008

Prix Hommage du Conseil de culture de la ville de Laval

Prix Alain-Grandbois

Chevalier de l’Ordre national du Québec

Prix Gilles-Corbeil

Prix Ludger-Duvernay

Prix Suisse-Canada

Grand Prix francophone de la ville de Troyes (France)

Prix Athanase-David

Prix littéraires du Gouverneur général – Poésie

Grand Prix du Journal de Montréal – Poésie

Membre du Cercle des bâtisseurs Molson de la Ville de Laval

Prix du Gouverneur général du Canada – Romans et nouvelles

Prix de la revue Études françaises

Prix Québec-Paris

Prix Jean-Hamelin

Prix littéraire France-Québec (Prix du jury)

Un immense poète. Une poésie majeure et magistrale.

Témoignage de M. Fernand Ouellette 1de2 - YouTube

Poèmes de Denise Desautels

*

Il y a longtemps que tu penses noir, que tu vois noir, que tu parles noir en plein soleil. La nature humaine est incurable, tu le sais depuis longtemps, tu es nombreuse en ta solitude, ce n’est pas une consolation, tout au plus un constat. Tu n’as pas fini de compter les chaises vides autour de toi et tu les observes du coin de l’oeil en jurant que tu ne t’y assoiras pas. C’est debout que tu veux t’habiter, debout parmi les vivants.

*

Nuit I

Une salle blanche et une table
sept-huit têtes penchées masquées
vers une brousse de sang de boue d’organes.
Le Corps même. Ses ombres creuses.
Ce qu’on y fait ce qu’on y fouille – rêvons sous la torture.
Surtout ne pas l’abandonner à ses bourreaux.
Un jour il a été tout petit. Ses paupières fourmillent d’obus.
Mais laissez-le donc tranquille.
Manœuvrez-moi à sa place dit la mère
devant La Leçon d’anatomie.

*

Nuit II

Sur la table de survie le froissement des voiles
peau poussière et os – notre fatigue a tout noyauté.
Subrepticement c’est fou l’habileté chirurgicale
de ces mains sans mémoire qui ne faiblissent pas.
Face à sa fin ses nuits cernées l’enfant a grandi.
Une falaise – rêvons rose le corps debout. 
Quand l’effroi l’emporte dans les replis
de la phrase. Nos draps et nos bras soudain mobilisés.
Comme elle se sent ailleurs la mère.
Cinq peupliers centenaires abattus devant sa porte.

*

Nuit III

Entre le ciel et le fond des eaux
les oies blanches retenues par la force du silence.
La peur a suffi – caresse venue de loin.
La mère vivante comme il l’aime. Debout.
Le désir enfin de ses doigts touche la chair
tatouée. Loin du gouffre de la chair ouverte.
Son désir masse sans retenue les lignes d’encre.
Une nature morte vibre entre le cœur et le poignet.
Raconte dit la mère debout qui veille
sans sa voix d’ombre. Comme il l’aime.

*

Tu me regardes.

Tu dis nous serons debout

nous mettrons nos peurs

nos morts ensemble.

*

Depuis 1975, Denise Desautels a publié un récit, Ce fauve, le Bonheur (en 1998 et réédité en 2014 grâce au Prix Hervé-Foulon du livre oublié) un abécédaire, Ce désir toujours, et une vingtaine d’ouvrages de poésie, qui lui ont valu de nombreux prix littéraires, parmi lesquels le Grand Prix Québecor du Festival international de la poésie de Trois-Rivières pour Leçons de Venise (1990) et pour Sans toi, je n’aurai pas regardé si haut (2013), les prix du Gouverneur général du Canada et de la revue Estuaire pour Le saut de l’ange (1992), et les prix de la Société des écrivains canadiens et de la Société Radio-Canada pour Tombeau de Lou (2000). Elle a collaboré à une quinzaine de livres d’artistes réalisés, à Montréal, aux Éditions Roselin (notamment La passion du sens, Grand Prix des Métiers d’art 1995) et, en France, chez plusieurs éditeurs.Elle est aussi l’auteure de cinq dramatiques radiophoniques dont l’une, Voix, a été primée par les radios publiques de langue française. Une anthologie de son travail poétique, Mémoires parallèles — choix et présentation de Paul Chamberland —, a été publiée au Noroît en 2004 et The Night Will Be insistent, Selected Poems : 1987-2002 — traduction de Daniel Sloate — est paru en 2006 chez Guernica, à Toronto.

Plusieurs des textes de Denise Desautels sont parus dans des revues et dans des anthologies, d’ici et d’ailleurs, et ont été traduits dans diverses langues.

Membre du comité de rédaction de La nouvelle barre du jour, de 1985 à 1990, elle a été responsable avec Gilles Daigneault du numéro spécial, «Installations / Fictions», de décembre 1986, qui regroupait quarante-six écrivains et écrivaines, et artistes en arts visuels. Depuis 1980, elle participe régulièrement à des rencontres et des colloques d’écrivains (au Québec, au Canada, en Europe et aux Etats-Unis) sur la poésie québécoise mais également sur l’écriture actuelle et sur les rapports que celle-ci entretient avec les autres arts — notamment les arts visuels.En 1994, son travail et celui de Normand de Bellefeuille ont fait l’objet d’un colloque intitulé «L’œuvre en collaboration», à l’Université du Québec à Rimouski.

Depuis 1990, elle a participé à la réalisation de plusieurs livres d’artiste et à de multiples événements, au Québec et en Europe, reliés aux arts visuels : colloques, salons, lectures, expositions, notamment plusieurs publications aux éditions Roselin, des expositions multidisciplinaires et internationales, conçue et réalisée par Louise Déry, plusieurs projets et installations du sculpteur Michel Goulet.
 

Vice-présidente de l’Académie des lettres du Québec, de 1996 à 2002, membre du comité organisateur de la Rencontre québécoise internationale des écrivains, de 1997 à 2012, et membre de nombreux jurys de bourses et de prix littéraires, Denise Desautels a été, à plusieurs reprises, boursière du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec; ce dernier lui a accordé, en 2005-2006, une bourse de carrière pour sa «contribution exceptionnelle à la culture québécoise». La Médaille «Échelon vermeil», la plus haute distinction accordée par la ville de Paris, lui a été remise, en mars 1999, au moment du Salon du livre de Paris où le Québec était à l’honneur. En 2009, elle reçoit le prix Athanase-David, une récompense qui couronne l’ensemble de son oeuvre. Le prix de littérature francophone Jean Arp 2010 lui a aussi été décerné, en novembre à Strasbourg, toujours pour l’ensemble de son œuvre.
 

Denise Desautels est membre de l’Académie des lettres du Québec, de l’Ordre du Canada et de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois.
 

Portrait de Denise Desautels

Après la cendre-Le Lys Bleu Éditions- Sur le site Partage de haïkus

https://www.partagedehaikus.com/p/test.html

Un grand merci à Véronique Champoux.

Après la cendre-Le Lys Bleu Éditions-Extrait

Un peu de sable

mesure le temps

dans mes souliers

Christophe Condello

empreintes de pas, jambe, le sable, plage, marche, chemin, des chaussures, dernier, costa

Deux citations de Jean-Paul Belmondo

Laisser couler les jours me semble être une occupation idéale, parce qu’essentielle.

Jean-Paul Belmondo

Vous savez, je n’ai pas peur de la fin. J’ai eu une vie si heureuse….

Jean-Paul Belmondo

Bon voyage l’artiste.

Jean-Paul Belmondo, légende du cinéma français, est décédé

Après la cendre sur Poetika

Mon recueil de haĩkus Après la cendre sur l’excellent site poetika:

http://www.poetika17.com/dernieres-publications.html#apres-la-cendre-christophe-condello2021

Merci à Mme Christiane Talazac.

http://www.poetika17.com/

Revue Nu(e) n.33 consacrée à Antoine Emaz

Un superbe numéro consacré à Antoine Emaz sur le site de Poezibao:

Revue Nu(e) n.33: https://poezibao.typepad.com/files/revue-nue-33-antoine-emaz.pdf

À lire absolument.

Le poète Antoine Emaz est mort | Livres Hebdo

Publication de la suite de poèmes Impudique sur le site Poetika

Bonjour, la suite de poèmes Impudique sur l’excellent site Poetika:

http://www.poetika17.com/touslespoemes-10.html#impudique

Impudique

Je te regarde
visible dans l’invisible
te vois
lumière dans la lumière
te reconnais
comme un frisson sur la peau
mais ne te connais pas
plus que la beauté
d’une espérance

*

Langue impudique
qui suggère
et nous parle
de conscience pure

langue orale ou gravure
dans le monolithe du corps

de la source impure
à l’océan
de nos âmes

conversations incessantes

chevauchées caillouteuses
qui ricochent
des unes aux autres

vagues écumeuses
de multiples marées

*

Un écho seul
occupe le lieu
des insouciances

dans la cohue nocturne
de nos solitudes

une apesanteur propre
à l’univers
de ton regard

chorégraphie d’étoiles

et l’embrasement obscène
des perséides

*

Des caresses respirent
la rosée
se lisent délicatement
sous le soleil ou la neige
dans un éclat
de voix

des oiseaux aident les heures
à devenir le soir
rencontrent nos corps

des étreintes connues
et inconnues
qui désaltèrent

effacent le temps
dénudent l’infini

© Christophe CONDELLO

Christophe Condello
Christophe Condello est un des derniers brûleurs de loups. À la fois poète, haïkiste, pacifiste et philosophe, il est né à Grenoble et vit maintenant à Laval (Québec). Il a publié plusieurs recueils de poésie et aussi dans de nombreuses revues littéraires. Il aime particulièrement la vie, le vin, les voyages improvisés et sans fin, le bruit du vent dans les feuilles et le plaisir de pêcher sans appât. Son dernier recueil Entre l’être et l’oubli vient d’être publié chez l’éditeur Pierre Turcotte (Montréal).
Son blog :
https://christophecondello.wordpress.com/

Entre l’être et l’oubli sur le site Poetika

Un bel article sur Poetika:

http://www.poetika17.com/dernieres-publications.html

Christophe CONDELLO

Entre l’être et l’oubli

Grenoblois d’origine, Christophe Condello vit à Laval au Québec. Il a exploré dans ses livres précédents des thèmes comme l’amour, le sens de l’existence et nos multiples questionnements quant à la présence de Dieu. Entre l’être et l’oubli porte le murmure de nos blancheurs et suggère délicatement de se rendre enfin à la clarté. Ce recueil de poèmes, brefs et polysémiques, quête identitaire de l’autre et de nous, s’inspire de la beauté. Dire avec les mots le sentiment de découvrir un univers qui du nôtre conserve l’esprit de la nature tout en nous projetant vers l’intérieur. Le livre s’ouvre ici sans jamais se refermer. Les pages évoluent avec nous, une transformation redoutée mais aussi espérée. Une écriture pleine de nordicité, qui questionne, si proche et qui pourtant nous porte au loin. [Note de l’éditeur]

Editeur : Pierre Turcotte, Montréal – 2021

Je vous encourage à découvrir ce très beau site: http://www.poetika17.com/

Un merci spécial à Mme Christiane Talazac.

Poèmes de Louis Guillaume

Une aile, coup de scalpel

Dans l’eau sans poids de l’aube

Et les lèvres de la plaie

Se referment dans un cri

Que boit vite le silence.

*

Le jour me suit et je me cherche dans ses yeux

*

D’un toit de chaume et d’une aurore

Sur des rochers de granit rose

Et toute nuit s’y réfugie.

*

Chante la mer et les vents

Harpe de mon cœur, Bretagne ! 

C’est toujours à l’îlot, c’est toujours à Bréhat

Que je songe sans cesse

Je revois la masure, ses vieux murs tremblants,

Son humble toit de chaume…

*

Né à Paris, en 1907, il vit sur l’île de Bréhat jusqu’en 1914 chez sa grand-mère maternelle : de nombreux poèmes sont la reminiscence de cette enfance heureuse.

Plus tard, il devient instituteur à Créteil, puis professeur de lettres à Charenton et directeur de collège à Paris. il publie
Sa première publication en 1928, s’intitule « Sônes d’Armor ».

il échangera une longue et importante correspondance avec Max Jacob.

Pendant la guerre, Louis Guillaume est , infirmier à bord d’un train sanitaire ; cette approche avec la mort lui dicte des pages émouvantes de son journal.

En 1942 il devient professeur de Lettres, et en 1948 il est nommé directeur de collège dans le quatrième arrondissement de Paris (dans le Marais, Cloître des Billettes), poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite en décembre 1962.

Son oeuvre la plus connue est son journal de l’année 1966 : AGENDA.

Louis Guillaume — Wikipédia
Louis Guillaume - Le Printemps des Poètes

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