Givre

Mes yeux voient encore

cette vieille maison           blanchie

cachée derrière les bosquets

des heures anciennes

 

où rien ne contredit le noroît

 

si nous avons été ce qui s’est tu

et le silence

 

qui entaille les ciels

de givre

 

cette voûte lactescente

où nous aurions pu nous aimer

 

Christophe Condello 17/02/2018

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Haïkus de Christophe Condello

*

Sur la page

encore un peu de pluie

qui sèche

*

Sur la page

encore un peu de lune

au matin

*

Sur la page

encore un peu de silence

en sursis

*

Sur la page

encore un peu de couleurs

à venir

*

15 février 2018

Haïku de Christophe Condello

Ton corps

mis en terre

pour aller au ciel

14/02/2018

Facile

 

Astre sphérique
noir dans le ciel
jour guillotiné

femme claire
facile                     univers

à l’horizon inconnu
de la différence

au coeur des heures intérieures

toutes en cris retenus

hurler
hurler pleinement

jusqu’au silence
vénéré
de l’ange

Christophe Condello 12/02/2018

Ciel slave

Le jour éclaire la pluie
légère       chaude
exubérance
sous les paupières clauses

une nuit nouvelle
et indomptée
frissonne

pure étoile

d’un ciel slave

Christophe Condello 11/02/2018

Poème

Quand des lueurs de beauté et des couleurs insoupçonnées dansent dans ma tête, quand des mélodies surprenantes arrivent  à mes oreilles, quand mes yeux voient ce qui était auparavant invisible, quand ma respiration s’emballe comme un cheval sauvage et fou, quand mes doigts disparaissent sous l’encre en devenir, quand tout est en suspens et sur le point de naître à la vie, j’écris.

Christophe Condello

05 février 2018

Hélène Leclerc (Québec)

Née en 1972, Hélène Leclerc a découvert le haïku en 2005 et depuis, ce petit poème de trois lignes est devenu une véritable passion. Depuis 2007, elle a publié trois recueils de haïkus aux Éditions David : Lueurs de l’aube (2007), Cette lumière qui flotte (2009) et Des étages de ciel (2011). Elle a codirigé trois collectifs pour ados avec André Duhaime : Pixels en 2008 (haïkus sur le thème des nouvelles technologies), Adrénaline en 2009 (haïkus sur les sports), tous deux publiés dans la collection « ado » chez Vents d’Ouest et un collectif de tanka J’amour, publié en 2010 chez Cornac. En novembre 2011, dans un dossier sur la poésie, la revue Le Librairel’identifie comme une des huit nouvelles poètes à surveiller au Québec.

Recueils:

  • Lueurs de l’aube (Éditions David, 2007)
  • Cette lumière qui flotte (Éditions David, 2009)
  • Des étages du ciel (Éditions David, 2011)
  • Entre deux ciels (Éditions David, 2017)

Extraits:

rencontre matinale
toutes les forêts du monde
dans les yeux du cerf

neige lourde
ce matin le grand pin
effleure mon épaule

en s’effaçant
le jour laisse du bleu
sur la neige

pluie d’été
un mot s’agrandit
dans mon calepin

neige lourde
ce matin le grand pin
effleure mon épaule

 

quartier des affaires
au-dessus de mon reflet
des étages de ciel

concert à la chandelle
sur le mur de l’église
la pianiste géante

route glacée
pour toute chaleur
la voix de Cohen

randonnée matinale
encore un peu de nuit
entre les arbres

Route des Baleines
dans l’eau le dos rond
d’un rocher

une usine
au bord du fleuve
fabrique des nuages

 

Haïkus de Christophe Condello

#

Dehors

l’horizon

s’efface

#

23 janvier

un ciel narcissique

brise son miroir

#

Sur un chemin

de verre

les heures trébuchent

#

Janvier le vent

me rappelle

ton absence

#

Bancs de neige

gigantesques

souvenirs

#

06/02/2018

Citation de Christophe Condello

La poésie seule peut franchir toutes les frontières, même celles qui délimitent nos âmes.

Christophe Condello 04/02/2018

Serge Torri (France)

Serge Torri est né à Tarbes en 1952 et est professeur de yoga.  Il est l’auteur d’une oeuvre abondante, dans la filiation des Surréalistes et du Grand Jeu de Réné Daumal et R.G. Lecomte.

Sa poésie d’une grande exigence se présente comme une recherche introspective, dans une dimension charnelle et une simplicité qui lui font atteindre l’universel du chant orphique.

Un voyage initiatique qui souffle et résonne jusqu’aux tréfonds de toutes nos vibrations.

Recueils:

  • Carnet de neige
  • L’abîme radieux
  • Nuits neige
  • Grésil noir
  • La nuit L’éclat
  • L’ouvert hermétique de Paul Sanda
  • Dans l’unique visage du vent
  • L’amour aimé
  • L’étroit passage
  • L’Éclat d’un effacement
  • Quadrille magico-poétique

Extraits:

Ô nuit araignée de l’encre

rhizome d’une parole seule à parler

des pierres comme du ciel des murs

des miroirs des fenêtres des vitres

des yeux de l’âme

je veux parler de la langue-flamme

qui fore et revient à son gisement initial

qui ne dort pas

dans sa nuit

et qui travaille en silence,

immobile,

à son oeuvre éternelle

de celle qui ouvre les lèvres du vent

pour lire en braille

la cicatrice brûlée

que l’éclair a léchée

****

Silence et moi
bouche close
silence

corps à corps
coeur à coeur
souffle unique
dans le même sang

ce qui se tait
ni n’épelle
ni n’accuse
ni n’oublie

ce qui se tait
absout.

****

Il neige si blanc

Il a neigé si blanc
que la voix
s’est repliée
jusqu’à la racine
de la langue

et le silence est
une immense plaine blanche

où le poème se garde
de faire de l’ombre.

Il neige si blanc
qu’il est impossible
d’écrire.

****

La nuit est noire la neige
épaisse         pure
abondance
dans l’œil du silence

la nuit est
pure
et céleste
l’âme

de celui qui se loge
dans la blancheur.

****

L’immersion est
blanche
dans le corps du silence
noire
dans ce qui n’est plus
que pour (dire)
l’absence

méconnaissable

je comble la nuit qui n’est plus
que du temps que j’occupe
d’une pure présence.

****

Page blanche dans la nuit
— innocence — monde sans forme

femelle obscure — monde
non né
indifférencié

au cœur de la nuit intérieure

toute de silence ouatée

se taire,

se taire profond

jusqu’à entendre
— peut-être

ce que l’Ange dit.

****

La poésie lève les voiles

La poésie lève les voiles
déchire les masques

comme l’amour

son souffle est un
bouquet de roses

d’éveil

avivant la blessure

– les regardant
je crible
éclaire
mon abîme

jusqu’à l’indéchirable

****

Pierre
qui prend
à la terre

du feu
des défunts

l’irrévélé
de cette lumière
resté
mêlée
à nos pieds

es-tu

responsable
de nos traits

œil noir
d’un soleil

mûrissant
la main

ou consumant
la mort ?

Une alchimie discrète pointe sous les mots. Le livre devient creuset. La mort va et vient mais le feu reste.

Soleil
ou
pierre

en suspension

poème à poindre
ou
ombre

au seuil
effacé

siège
intime

infuse
l’ultime

récompense
de la blanche
incandescence

le poème à poindre

noircit
la matière

et l’incendie

Editions Rafael de Surtis, 7 rue Saint-Michel, 81170 Cordes-sur-Ciel, France.

****

 

 

 

 

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