Zoé Saurais Empereur

*

Ira l’Iran


Cheveux en tresse
Couper
À l’élastique
Rompre
Avec les coiffes
Les dyslexiques
Des religions
Détresse des (f)âmes
Homme
Toi qui te voile la face
Observe les
tes poupées
Hisser leurs draps noirs
Au sommet de vos caprices
Vois
La foule en feu
Le bouillon de fureur
Qu’exorcisent l’excès la rage
De vos démences
Une seconde
Cesse la prêche
Prête l’oreille
Debout
Elles te parlent
Tu sais
Il y a des femmes
Sous vos drapeaux cendrés
Seules celles dont le coeur s’y enveloppe
Déterminent leur beauté
Tu sais
Ces folles qui offrent
La vie aux fous
Je rage et brûle
À l’Iranienne
Femmes
fatales
Le choix est une fortune
Que toutes
Nous devrions connaître
Votre combat restera
Dressera
l’exemple et la mémoire
Je vous admire
Femmes
Je vous louange
Une colombe
Surplombe
Les terres désertes
Les oasis les plaines
Chaque cime et chaque mont
C’est sous son oeil ouvert
Dames
Que les mâles vous trahissent
Elle assurera
Le rouage des peines
l’éphémérité des cycles
L’équité dans l’unité
Déposera le rameau
Au coeur du calme
Ressuscité

*

Vingt-et-un ans. Sensible. Anti conformiste, pour la liberté individuelle, anti cons forts, un mixte.
Je ne cherche pas à me vendre, seulement, nos sociétés sont malades et mes poèmes n’ont ni prix ni passeport ni ordonnance.

Virginia Pésémapéo Bordeleau sur Souffle Inédit

Le lien vers l’article ici: https://souffleinedit.com/agenda-culturel/riche-de-differences-par-virginia-pesemapeo-bordeleau/?fbclid=IwAR0C0B9d0YmUscoOEfldJ86dBJTdhJoK2SP0oiu0yuE96nTA4oPkusjaKv8

« Riche de différences » par Virginia Pésémapéo Bordeleau

   Souffle Inédit  Virginia Pésémapéo Bordeleau

Riche de différences par Virginia Pésémapéo Bordeleau

Poème de VIRGINIA PESEMAPEO BORDELEAU
UNE VIE A PEINDRE DE VIRGINIA PESEMAPEO BORDELEAU

Je suis le pont entre deux peuples

qu’un accident de parcours

a tendu au-dessus d’un précipice.

Je suis riche de différences,

marquée au fer du paradoxe.

Je suis de blanche et de rouge lignée.

*

Un soupir, un dernier, sur ma défaite

Peu de temps m’aura été donné

Celui de dire, celui de trouver les routes

Qui mènent à soi, à l’autre là-bas

Que je ne connaîtrai pas…

Je ne suis qu’un souffle qui s’éteint

*

Je suis un homme aux mouvements liquides

Une rivière qui se couche en cherchant un nouveau lit, chaque nuit

Je cours vers le fleuve, là-haut, loin vers le nord

Derrière la ligne de partage des eaux…

Les amours comme des bois morts

me griffent le dos

Je dois poursuivre ma vie d’eau, car même si tu me bois

Que tu m’as bu

Je m’échapperai encore et encore…

Tu auras été mon phalène, mon papillon de feu

Brillant au milieu de mes crépuscules

Envoûtant de mystère et de liberté du geste

Toi la beauté, toi la fille de la forêt

À la toison rouge, à la peau couleur de terre

Porteuse à jamais de mon éblouissement

Enfoui en ton ventre doux et affamé de joie…

*

Je rêve. Un homme marche avec des raquettes aux pieds. Il avance péniblement. Sa misère n’est pas causée par la neige, dure, mais à l’état de l’homme lui-même. Le jour décline. Un rêve insolite, comme si la réalité s’y mêlait. Soudain, je me retrouve en lui. J’ai mal et j’ai peur ; une peur mêlée à de la panique. Je me sens gibier. Ma peau se hérisse sous l’effet de la douleur. Dans ma jambe droite, les crocs d’un animal s’impriment et me tirent vers le bas. Je hurle dans mon sommeil.

*

Couché sous les étoiles, j’entends

Une cascade qui coule du firmament

C’est la respiration des feuilles

Si je me couche sous toi

Oh lac, sous tes eaux

Ancré au fond de ton lit

Entendrais-je le halètement des feuillages ?

Ton souffle est-il d’eau ou d’étoiles ?

*

Virginia Pésémapéo Bordeleau

Métisse crie, (père québécois métissé et  mère crie), née aux Rapides-des-Cèdres, Virginia Pésémapéo Bordeleau est peintre et romancière. Bachelière en arts plastiques, elle poursuit une œuvre sensible dans laquelle famille et territoire, animaux mythiques et plantes et rochers forment un monde organique, chargé d’une énergie sans cesse renouvelée. Elle a reçu plusieurs prix pour ses toiles. Elle a publié Ourse bleue (roman, La Pleine lune, 2007), De rouge et de blanc (poésie, Mémoire d’encrier, 2012) ainsi que L’amant du lac (Mémoire d’encrier, 2013), le premier roman érotique écrit par une auteure amérindienne.

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Le lien vers la petite mise en lumière: https://christophecondello.wordpress.com/2022/08/01/virginia-pesemapeo-bordeleau/?fbclid=IwAR0GNG5Pe-1R7alhBc9xlpWphzo8Ike1bD28rCBOtYIhYEQBwlyTv7wh0Y8

Lettre d’information MPRA-Octobre 2022

Lettre d’information d’octobre 2022
­Cher.e.s ami.e.s,
Pour ce mois d’octobre, nous vous proposons un atelier d’écriture et de création poétique et une rencontre/lecture avec Florentine Rey le 7 octobre, ainsi qu’une soirée de lectures et d’hommages autour d’Andrée Appercelle, le 11 octobre.
À l’automne paraitra Désobéissances, nouveau numéro de notre revue Bacchanales, réunissant 45 poètes accompagnés des créations du peintre martinérois Roland Orepük. Cette revue sera le point d’orgue de la 27e édition de notre festival Gratte-Monde, qui aura lieu à l’Heure Bleue, du 25 au 27 novembre. L’équipe de la Mpra.­
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­MAISON DE LA POÉSIE RHÔNE-ALPES
33, avenue Ambroise-Croizat
38400 Saint-Martin-d’HèresTél. : 04 76 03 16 38 / 06 37 98 25 41Mail : maison.poesie.rhone.alpes@orange.fr

Jean-luc Catoir

*

*

elle

assise en face de moi

entrouvre son corsage

tend un téton rose à l’enfant /

l’encre du stylo

prend la couleur du lait

la seule prescription

est cette blancheur 

*

au lieu du pharmacien

sur-le-champ /

l’ai envoyé consulter

un livre de cuisine 

*

Jean-Luc Catoir, né en 1959, médecin généraliste, installé à Réalmont dans le Tarn. Le coeur de mon métier est la personne humaine que le médecin arpente corps et âme dans sa nudité. Et quand vient le soir, avec la même exigence, la poésie, par l’alchimie de l’alambic, transforme les raisins du jour en un alcool profond. Alors, nous accédons à des contrées bien plus vastes que nous. 

Il aime beaucoup cette phrase de Philippe Delaveau « La poésie s’intéresse en premier à ce qui est, dans l’ordre le plus réel, des objets les plus humbles aux plus profonds labyrinthes de la psychologie avant de déboucher sur l‘ordre spirituel où elle s’efforce d’asseoir le ciel dans sa contemplation ». 

Deux petites publications qui sont : « Ce chemin là » et « La lune évadée », éditions Cosmophonies en 2001 et 2002 

Ses auteurs préférés : Emily Dickinson, Marina Tsetaeva, Nelly Sachs et Paul Celan, Philippe Jaccottet, Jean-Claude Pirotte, Yves Leclair, Pierre Reverdy, Mahmoud Darwwich, Salah Stetié , Kenneth White, Guy Goffette, et tant d’autres Pablo Neruda, Guillaume Apolinaire, Aragon, Eluard, René Guy Cadou, etc…

Regarde-la elle est ton monde-Leonardo Rosa-Amourier Éditions

Elle est là. Soudain le monde bascule: la mort emporte l’être que vous aimez. Rien n’est plus salement banal. Rien n’est plus atrocement douloureux. Rien n’est plus commun. Rien n’est plus intimement ressenti. On se livre au silence et aux larmes. On essaie de se livrer aux mots.

Format 14,5 x 20 centimètres
Pages 78
Edition bilingue, traduction de l’italien Raphaël Monticelli
Logo couverture Derez A Derez
Collection “ Fonds Poésie ”

Leonardo Rosa, artiste et représentant de commerce, et Serena Agnello, secrétaire, ont quitté l’entreprise qui les employait, pour vivre d’amour, d’art, de voyages. Pour vivre d’amour.
Le long des années, Leonardo a poursuivi son travail de peintre et de poète sous le regard de Serena, son attention, ses attentions, ses délicates remarques. Il a balisé leur parcours, leurs découvertes, avec des poèmes. Certains se sont retrouvés dans des recueils. D’autres étaient restés inédits.
Soudain, après plus d’un demi-siècle de jours passés ensemble, la vie a abandonné Serena. Et Leonardo vit dans cet abandon. Autant que possible il cache ses larmes dans le silence. Et il décide de réunir les poèmes qu’il a écrits pour Serena au long des années. Il a donné comme titre Tu guardala è lei il tuo mondoRegarde-la elle est ton monde. Une trentaine de textes, rédigés entre 1967 et 2013, et réunis comme autant d’éléments pour se souvenir de Serena et faire se souvenir d’elle, autrement dit… un monument. Des textes marqués par les lieux où Leonardo et Serena se sont aimés…

Édition bilingue. Traduction de l’italien par Raphaël Monticelli.

Pierre Turcotte au FIPTR 2022.

Avec Béatriz Hausner, Louise Dupré et Louise Bombardier.

Pierre Turcotte, d’origine canadienne, vit à Málaga (Espagne) depuis 2016, a complété une maîtrise en Études littéraires (UQÀM, 1999).

Auteur de six recueils de poésie, Pierre Turcotte est publié au Canada, en France et dans plusieurs pays d’Afrique.

A publié des poèmes, nouvelles, essais et articles, en français, en espagnol et en anglais, dans différentes revues et anthologies, en Europe et dans les Amériques.

Dans sa démarche poétique, il cherche à identifier la trajectoire humaine dans l’univers des choses ordinaires et courantes, ainsi que les sensations qui font de l’homme un être perméable et créatif. Une poésie d’intimité et de vie quotidienne où l’espace de vie est fragmenté et ouvre des dialogues avec des dépendances amoureuses. Son écriture oscille entre deux pôles : des poèmes à tendance narrative fortement ancrés dans l’émotion qui alternent avec une poésie plus formaliste et orientée vers les recherches de langage. Ses plus récents écrits tentent d’opérer une synthèse entre ces deux pôles.

Source: site web du FIPTR

Vincent Annen

*

La ville s’épanche, interminable
transfert déguisé de dédales et de reins, le temps se bande et finit
par céder au rose pâle de midi.
Soleil au zénith, horrible bout de gras en quête
de repos qui féconde les rares fous puis
les dévore.

Les angles droits en durcissement, il y a
défaite des formes, de celles qui n’ont
pas de nom,
on clame le dégoût des puanteurs
et l’irrespect des kystes.

Seul, il pense que
si la ville crève et évacue les sangs
innocents qui clapotent en ses trous,
peut-être ne
pleurera-t-il
pas du tout.

*

Vivre c’est aussi
s’égarer sans crainte
dans les territoires tentaculaires de la solitude
où la plus pure liberté se paie de son âme.

*

Il a volé à sa ruine la splendeur de la tragédie
laissant aux sans-voix en lieu de la chute d’une
étoile, un anonyme dépérissement.

Riant toujours, cette splendeur désormais posée
en baume sur ses points-feu sensibles qui
libèrent à travers moëlle la simple
euphorie de voir.

Le squelette ne mange plus,
seule faim pour les souvenirs, l’œil sauvé
attentif aux cercles mus des vers
de terre et leurs remous répugnants, plus beaux
qu’au soir les météores semblables.

Seule faim pour les souvenirs rangés
en tas dans ces conserves
de sable fin. Subsistance éphémère
tout autant qu’essentielle, déglutie
sans lumière, les coudes cognés aux angles cartilagineux de son
ancien corps. Chaque douleur
le tient concret :
mémoires à réchauffer plus tard.

*

Né en 1995 à Payerne (Suisse). Depuis 2015 il est critique cinématographique notamment dans le cadre du magazine Daily Movies. 2018 Bachelor en Gestion à la Haute École de Gestion de Fribourg. 2018 Cofondateur du Collectif Abordage. 2021 Master en Histoire et Esthétique du cinéma de l’UNIL (Université de Lausanne). Depuis 2021 Doctorant en Histoire et Esthétique à l’UNIL.

Nouveautés de l’automne-L’herbe qui tremble


Six cycles de poèmes, achevés par Véronique Wautier avant sa mort, forment ce recueil préparé et préfacé par Marc Dugardin. On y trouve du bleu matisse, une couleur neuve, inconnue et pourtant évidente à la lecture, une adresse au poète Mandelstam et à son cheval, un pays invincible parmi les guerres. D’un poème à l’autre, tout se trouve de son pays de mots. Tout s’entend, aussi, de sa fin indicible, dans une langue ultimement close par une bouleversante bienvenue ; celle, bien sûr, que nous voudrions la voir nous souhaiter encore, et que nous murmurons à son nom, maintenant.
Détail et commande

« On est jamais délivré des choses tant qu’elles ne sont pas livrées aux autres », disait Guillevic. 
Claudine Bohi, forte de cette réflexion, écrit en 4e de couverture :
 
                  « Quel est ce crime présent partout
                  toujours recommencé
 
                  et jamais repéré
                  mais toujours perpétré
 
                  ce crime perpétué ? »



Détail et commande
Dans son préambule, Philippe Lekeuche se penche sur le sens du travail du poète, après longtemps de poésie. « Faire » de la poésie, dit-il, est un « acte ». « Il n’y a pas de mots d’amour, il n’y a que des preuves d’amour, cela a un prix (par exemple donner sa vie), tout comme cette pratique de la poésie exige des renoncements, et même le sacrifice – je le souligne -, la question restant ouverte : le sacrifice de quoi ? On ne le sait pas, on l’apprend avec les années, dans l’endurance. Je veux dire qu’on le vit, c’est une épreuve. Et quant à la réponse de savoir si cela en vaut la peine, elle fait toujours défaut. Et qu’importe. On n’a guère besoin d’elle. »
Détail et commande

Une même couleur relie les exilés de la réussite aux amoureux solitaires, les gilets jaunes à François d’Assise. Elle court ici d’un texte à l’autre, d’un vers à un poème en prose, d’une légende à un fragment, d’un haïku à une liste générée par intelligence artificielle… Car le jaune est avant tout couleur de la multitude, qu’elle soit violence ou pollinisation. Chute aussi bien que désir d’envol.

On pourrait dire les choses plus simplement, par exemple que le i est jaune : c’est un soleil pointé par son reflet sur l’eau.
Détail et commande
L’herbe qui tremble
6 place Normandy
F-64140 Billère
lherbequitremble.fr
GENCOD DILICOM : 3012491760018

Revue Le Sabord 122- Sutures

De la belle lecture en perspective.

Jean-Marc Fréchette

*

ne vis qu’en des étoiles que tu peux voir

ouvre-leur ta fenêtre

ou ton chagrin ou ta joie

c’est égal

elles t’embrasseront quand elles seront près

de toi

de tes feux de position dans le réel

qui éclaireront quant à eux

tous les oiseaux du monde

ne vis que toute tapissée d’algues

et du mouvement de la mer

toute ravie à la lueur d’une chandelle

qu’on nomme le soleil

moi les oiseaux pour toujours c’est sur ta gueule

que je les aime

jeunesse oblige

*

Jean-Marc Frechette est né à Sainte-Brigitte-des-Saults (Québec) le 6 mai 1943. Etudes de lettres à Montréal et à Paris, où il a vécu six ans. En 1967, il découvre l’enseignement de Sri Aurobindo, et séjournera plus tard deux ans à l’Ashram de Pondichéry (Inde). Il renoue avec le christianisme fin 1986. Nombreux voyages, notamment en Grèce, en Italie et en Israël. » (L’Inde remplacée par Israël…).
Il y a une richesse de la poésie de Frechette, qui naît d’une pauvreté; une gloire, issue de l’humilité ; un retrait, par rapport au monde tel qu’il s’exhibe, qui est une présence – on n’osera pas dire une actualité, mot vulgaire. La demande formulée dans la prière à Marie de La lumière du verger : «Fais-nous pénétrer dans l’excès de l’existence », est bien une demande de notre époque, mais elle s’accompagne d’une condition l’effacement: «un baiser brûlant qui nous efface» indispensable que la conscience moderne a la plus grande difficulté à accepter, même à concevoir. La poésie de Frechette nous présente à la fois cette grâce, et cette impossible demande.

«Les humbles viendront, écrit-il dans Le psautier des Rois. S’agenouillant dans l’herbe, / Ils recevront le pain lumineux / Et le vin vermeil. » La «vraie vie» ne passe plus par les sommets du défi, comme Rimbaud l’a vu, mais par le plus bas, le plus simple, le plus dépouillé.

Merci cher Ricardo Langlois de m’avoir offert ce beau recueil.

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