Braise

Braise

Poème écrit pour la Campagne Poétique Internationale de Solidarité
avec les Détenus Politiques du Mouvement Culturel Amazigh.

De temps à autre
tu incinères un souvenir
car la vie comme l’hiver
sont glacés
étincelles essentielles
à la braise
du corps et du cœur
et
quelque fois
tu fais un pas
vers l’horizon
pour exister
encore un peu
malgré les murs dressés
contre l’espoir
emprisonné
toi
le poète qui ose
dire
ce qu’il ne faudrait pas
dire
des neiges intérieures
comme de la banquise
corrompue
du silence

25 avril 1792

L’heure rouge

de la méduse

va bientôt sonner

 

sous un soleil levant

couleur paprika

tous sont venus

tous sont las

 

comme on fait son délit

on se couche

 

les dents bien aiguisées

les dents bien blanches

la mort me sourit

et moi je pense

une dernière fois

à la médecine

que je t’ai administré

aujourd’hui

il n’y a plus de débat

 

je regarde la lame

et toi tu tranches

 

Christophe Condello

18 février 2017

Les colchiques-extrait- 25 décembre 2016

Extrait d’un poème de Guillaume Apollinaire (pour personne toxique):

Les colchiques

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne—Guillaume Apollinaire (1880 – 1918)

Les pierres du mal

Je veux apercevoir

à l’envers de tes yeux

et me remettre à croire

qu’un plus un ça fait deux

 

Malgré tous les récifs

les vagues dansent et caressent

mon coeur, mon âme, à vif

des îlots de tendresse

 

Il est déjà si tard

je jette les pierres du mal

par-delà tes regards

l’onde des mots s’étale

 

Je compte les étoiles

même si le ciel est vide

et ton corps me dévoile

que rien n’est insipide

 

Dans un rire je m’envole

plus près des astres purs

je reçois une obole

tes larmes sur mes brûlures

 

Il est déjà si tard

je jette les pierres du mal

par-delà tes regards

l’onde des voeux s’étale

 

Il est déjà si tard

la nuit est sidérale

mes mains se font buvard

tes fleurs de peaux prévalent

 

Christophe Condello

2006

 

 

 

 

 

 

Vive le Québec

Vive le Québec

vive le Québec libre

le pays souverain

qui sera par les femmes

qui réussiront

là ou les hommes ont si lamentablement échoué

les femmes asservies

par les religions et les hommes

depuis trop longtemps

les femmes qui sont asservies comme le Québec l’est au Canada

les femmes qui feront

un pays neuf

une vraie égalité

pour servir de modèle à l’humanité

qui en a bien besoin

ces femmes qui donnent naissance

à nos enfants

à notre avenir

à l’espérance

ces femmes qui bâtiront

notre pays

vive le Québec

vive la Liberté

 

Ode à toi qui parfois me fait l’honneur de te dévêtir de tes brumes et de tes orages (titre long pour suite courte à St-Alphonse de Rodriguez, 27 août 2016)

Cette nuit éreintée

pleines d’étoiles

j’ai touché le paradis

toutes ces heures

à côtoyer

le pays souverain

de ton corps

*

Après avoir longtemps cherché

ce soir je vois

par les yeux de Jean-Paul Daoust

fraîchement opérés

qui suintent

son âme révoltée

ce soir je vois

comme jamais je  n’ai vu

toute la poésie

qui existe

entre tes cuisses

*

J’écris pour vivre

un peu plus

un peu plus longuement

j’écris pour survivre

au quotidien frelaté

qui nous abîme

et nous consume

j’écris le plus souvent possible

 

avec mon sperme

*

Prenez et mangez en toutes

oui j’ai bien dis toutes

sans exception

à profusion

car ceci est mon corps

livré à vous

*

Citation de Christophe Condello

« La poésie est une clé qui ouvre toutes les portes, même celles qui n’existent pas »

Christophe Condello

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